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06/02/2012

Les fleurs de nèfles de Jean Jacques van Outryve, seigneur de Merckem

jean jacques van outryve, seigneur de merckem, marie thérèse d'autriche, georges van outryve, emmanuel van outryve, petronille van outryve, etat armorial de noblesse, A tous ceux qui ces présentes verront, liront ou ouiront, SALUT, proclame urbi et orbi l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche [ci-contre] le 21 septembre 1771,jean jacques van outryve,seigneur de merckem,marie thérèse d'autriche,georges van outryve,emmanuel van outryve,petronille van outryve,etat armorial de noblesse lorsqu'elle se penche sur le sort de ses féaux sujets chers et bienaimés Jean Jacques van Outryve, Seigneur de Merckem, Jean Georges van Outryve, Prêtre, licencié ès loix, Emanuel Louis Joseph van Outryve, avocat à notre conseil provincial, et Marie Petronille van Outryve.

Se trouvant en état de se soutenir avec decence et honneur, ils nous supplient en toute soumission de daigner leur accorder lettres patentes de noblesse et par grace spéciale le titre de chevalier à deux d'entre eux : Jean Jacques et Emanuel Louis Joseph, avec permission à tous de pouvoir porter pour armoiries un écu d'or à trois fleurs de neffles …

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Et où l'on retrouve confirmation - pour le premier cité et avec ses armoiries d'origine - dans l'Etatjean jacques van outryve,seigneur de merckem,marie thérèse d'autriche,georges van outryve,emmanuel van outryve,petronille van outryve,etat armorial de noblesse armorial de Noblesse, Chevalerie & Dignités accordées par S.M.I.R.A. [Sa Majesté Impériale, Royale et Apostolique] depuis son avènement au Thrône jusqu'aujourd'huy, paru à Bruxelles en 1775.

Nicolas van Outryve d'Ydewalle

Les Zouche, seigneurs de La Lande, ancêtres de Marie Aronio de Romblay, épouse de Charles d'Ydewalle

Mon premier vit en Bretagne en l'an 1000, mon second est passé en Angleterre au XIIème siècle et monblason Zouche.jpg troisième est revenu en France en 1623. Mon tout représente la famille Zouche, titrée en France Seigneur de La Lande et Lord of Haryngworth en Grande-Bretagne, une lignée ininterrompue sur plus de trente générations.

Au commencement était le Verbe et le Verbe s'est fait chair, disent les Evangiles. Que les descendants d'Ydewalle-Aronio sachent donc de quelle chair ils sont faits :

1. Charles van Outryve d'Ydewalle x Marie Aronio de Romblay  
   2. Jérôme Aronio de Romblay x Mathilde de Lafonteyne de Villers
     3. Marie-Albert Aronio de Romblay x Eugénie de Godefroy
       4. Denys de Godefroy x Eugénie de Lencquesaing
         5. Jean-Baptiste Godefroy x Anne-Alexandrine de Zouche de La Lande
           6. Alexandre de Zouche x Marie-Thérèse Deschamps
             7. Alexandre-Pierre de Zouche x Charlotte de Balestrier

louis14.jpgOctobre 1692, laissons la parole à Sa Majesté Louis-le-Quatorzième : de zouche,seigneurs de la lande,aronio de romblay,lafonteyne de villers,de godefroy,de lencquesaing,de balestrier,lors of haryngworth,de saint vaast,de cantelou,de dynham,de berkeley,guillaume le conquerant,de beaumez,de porhoët,de cornouaille,d'anjou,de rohan,charles d'ydewalle"Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous presens et à venir, Salut. Notre cher et bien amé Alexandre-Pierre de Zouche, seigneur de La Lande, commandant pour nous en notre citadelle de Metz et chevalier de l’ordre Militaire de Saint-Louis [ci-contre], nous a fait remontrer qu’il est fils d’Alexandre de Zouche et de damoiselle Marie Moussat et petit-fils de Guillaume de Zouche, lequel étant issu de la noble famille de Zouche en Angleterre passa en France en l’année 1623 et s’habitua en notre province de Berry où il avait épousé Anne Belin ayeule de l’exposant."

 8. Alexandre de Zouche x Marie Moussat
   9. Guillaume de Zouche x Anne Belin

"L'ancienne noblesse de ladite maison de Zouche est prouvée par des certificats authentiques par lesquels il est étably que ladite maison de Zouche est reconnue en Angleterre pour véritablement noble ancienne et que dans la généalogie de cette maison il est dit que Guillaume Zouche de Pitton eut deux fils Georges Zouche dont la postérité est restée en Angleterre et Guillaume Zouche qui passa en France."

"Cependant comme ledit exposant ayant eu le malheur de perdre ses père et mère dans son bas âge, les titres et papier de sa famille ont été entièrement perdus par la négligence et mauvaise conduite de son tuteur, il a eu recours à Sa Majesté pour le supplier très humblement de vouloir bien en considération de ses services le dispenser de la rigueur des formalités qui pourroient l’obliger de rapporter ses titres et de le vouloir bien maintenir dans l’état de noblesse où son dit ayeul son père et luy ont toujours vescu …"

"… que d’ailleurs nous sommes aussy informez que damoiselle Charlotte-Anne-Marie de Balestrier qu’il a épousé est héritière de l’ancienne maison de Saint-Vaast en Artois, alliée a celle de Saquespée et de100000000000016A000001EE52EE7F7F.jpg Crevecoeur et a plusieurs autres des plus considérables de la province, scavoir faisons que pour ces causes et autres bonnes considérations a ce nous mouvans, nous de notre grace spéciale, pleine puissance et authorité Royalle maintenons et confirmons par ces présentes signées de notre main ledit Alexandre-Pierre de Zouche, seigneur de La Lande et ses enfants et postérité masles et femelles nez et a naistre en légitime mariage en leurdite ancienne noblesse, Nous l’avons avec sesdits enfans et postérité masles et femeles nez et a naistre en légitime mariage, annobly et annoblissons et du titre de noble orné et décoré, que comme tels ils puissent tenir et posseder tous fiefs, terres, héritages nobles en outre qu’ils jouissent des memes honneurs, privilèges, preeminences, franchises, prérogatives et exemptions dont jouissent et ont accoustumé de jouir les gentilhommes de notre royaume, à la charge toutefois de vivre noblement et sans deroger à ladite qualité …"

Remontons ensuite treize générations, s'étalant du XVIème jusqu'au XIIème siècle, sans nous attarder sur les détails généalogiques de chacune :

10. William Zouche of Pitton x Hester Bower
   11. Richard Zouche x Bridget Drury
     12. Edward Zouche x Christiana Chudley
        13. John Zouche x Dorothy Capell
           14. John Zouche x Joan de Dynham
              15. William La Zouche x Katherine Lenthall
                 16. William La Zouche x Alice Seymour
                    17. William La Zouche x Elizabeth Crosse
                       18. William La Zouche x Agnes de Greene
                          19. William La Zouche x Elizabeth de Ros
                             20. Eudo La Zouche x Joan Inge
                                21. William La Zouche x Maud Lovell
                                   22. Eudo La Zouche x Milicent de Cantelou
    
Alors que la génération 18 correspond également l'un des quartiers de l'arbre généalogique de feue 073_Cauntelo.jpgLady Di, le mariage d'Eudo La Zouche avec Milicent de Cantelou [armoiries ci-contre] en 1273 est un parfait exemple de ce que l'on appelle en généalogie l'implexe des ancêtres, soit le rapport existant entre le nombre théorique et le nombre réel d'ancêtres. En effet, le couple aura quatre enfants dont William, né en 1276 et cité sous le n° 21 ainsi qu'Eva, née vers 1282, qui épousera Sir Maurice de Berkeley. Nous entrons ici dans la grande mouvance des descendants de Guillaume-le-Conquérant ainsi que de celle de ses compagnons à la bataille de Hastings en 1066, dont les générations d'aujourd'hui forment le noyau de la High Society de Sa très gracieuse Majesté britannique. Mais ceci est une autre histoire !

Reprenons donc notre fil conducteur :  

23. Roger I de La Zouche x NN
    24. Alain I de La Zouche (ou La Coche) x Alix de Beaumez
        25. Geoffrey La Zouche (1093-1141) vicomte de Porhoët x Hawise Fergant
            26. Eudes I de Porhoët (° 1078) vicomte de Porhoët et de Rennes x Anne de Leon
                27. Josselin I de Porhoët (+ 1074) vicomte de Bretagne et de Rennes x NN
                    28. Guethenoc vicomte de Château-en-Porhoët (+ 1021) x Alarun de Cornouaille

Nous sommes à présent en Bretagne. Hawise Fergant (femme du n° 25) est la fille du duc Alain IV de220px-Sceau_Alain_Fregent_jpg.png Bretagne [sceau ci-contre], lequel a épousé Ermengarde d'Anjou, fille du comte Foulques IV d'Anjou, tandis qu'une petite-fille d'Hawise devient la femme du vicomte Alain de Rohan, ancêtre d'une lignée qui s'est illustrée avec éclat dans l'histoire de France.

Que les mânes de nos ancêtres reposent en paix …

Votre serviteur se déclarant comme bien d'autres descendre au 3ème degré de Charles d'Ydewalle et de Marie Aronio, une simple addition nous donne ainsi un total de 31 générations !
                        
Nicolas van Outryve d'Ydewalle

04/02/2012

La famille Stroganov, de la Sibérie aux marches du trône des tsars ou le récit d'une prodigieuse ascension

Qualifiés dans les documents anciens "d'hommes illustres", la légende raconte que les Stroganov tirent leur patronyme du mot "stroganina", spécialité culinaire russe par laquelle la viande était conservée en fines tranches, d'ou l'appellation "boeuf Stroganov". Immensément riche et grand amateur d'art, la famille Stroganov aura été intimement liée à dynastie des anciens maîtres de la Russie.

Moins connu que l'anecdote du boeuf patronymique, tout récit sur la famille Stroganov débute invariablement par l'affaire de ce grand-duc de Moscou, fait prisonnier en 1448 par les Tatars. Ceux ci réclament une rançon de 200.000 roubles mais les caisses de l'Etat sont vides. Qu'à cela ne tienne,cathédrale de l'Annonciation.jpg c'est la famille Stroganov qui verse la somme !

Au siècle précédent déjà, un Spiridon Stroganov assiste puissamment le prince Dimitri Donskoï dans sa lutte contre l'envahisseur mongol. Quatre générations plus tard, sous l'égide d'Anika Feodorovitch Stroganov, est né un véritable empire familial, regroupant environ six mille serfs, à faire pâlir le plus riche des Rothschild : mines de sel, culture de perles, commerce de grains et de fourrures, prêts d'argent, transport et livraison jusqu'aux comptoirs commerciaux d'Europe centrale, y compris Paris.

Mécène et homme de culture, Anika Feodorovitch fonde une bibliothèque, installe une école d'icônes, érige une vaste demeure et lance les fondations de la cathédrale de l'Annonciation à Solvychedosk [ci-contre]. A sa mort, son entreprise assure à elle seule la moitié de la production de sel en Russie : l'avenir de la famille semble tout tracé pour les années à venir.

Nouvelle étape, Yvan-le-Terrible charge les Stroganov de coloniser la Sibérie. Usant et abusant de ce nouveau pouvoir au nom du tsar bien aimé, on va jusqu'à armer des troupes de mercenaires et de brigands pour conquérir ces nouveaux territoires, ce qui permettra aux Stroganov de devenir ainsi les plus gros propriétaires terriens de l'Empire.

Consécration suprême, pour services rendus à la mère patrie, Pierre-le-Grand anoblit les Stroganov en 1722 et leur octroie le titre de baron, plus tard celui de comte. D'hommes illustres, ils sont devenus aristocrates. Noblesse oblige : l'un épouse une Narychkine, d'une lignée apparentée à la famille du tsar ; l'autre une Vorontsov, fille d'un tout puissant chancelier de la Cour ; un troisième, une comtesse Cheremetiev.

Des affaires d'argent aux affaires de Cour, il s'agit maintenant d'asseoir son nouveau statut social. Des architectes italiens, bâtisseurs de la nouvelle capitale, sont mis à contribution pour édifier le long de la Perspective Nevski, l'aristocratique Champs Élysées russe, un grandiose palais baroque où abondent colonnades, portiques, frontons à cartouches, cariatides et médaillons sculptés. Les gazettes européennes de l'époque se font l'écho d'une somptueuse fête donnée à l'occasion de la naissance du grand-duc Paul, réjouissances durant lesquelles le palais était complètement illuminé de l'intérieur par des centaines de cierges et de l'extérieur avec des lampions multicolores ...

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palais stroganov4.jpg

Le palais Stroganov vers 1840 et aujourd'hui

Plus riche qu'un Stroganov, tu meurs, affirme un ancien dicton russe, librement traduit ! A elle seule, la famille totalise un cinquième des taxes par rapport à l'ensemble des revenus de l'Empire. L'anecdote à propos d'Alexandre Sergueïevitch Stroganov (1734-1811), le plus fortuné d'entre tous, est restée dans les mémoires : ne peut il pas s'offrir le luxe d'abandonner douze millions d'hectares de terres à la Couronne, alors qu'il en possède encore le double ?

Inscrit dès la naissance dans un régiment de la Garde Impériale, Alexandre s'en va parfaire son éducation dans l'Italie antique puis à Paris où il séjournera six ans. Bien que son père lui écrive : Laisse aux Français le soin de t'apprendre la danse, Stroganov rejoint, en esprit éclairé, une loge maçonnique où il se lie d'amitié avec les peintres et sculpteurs du moment, Greuze, Vernet, Houdon et bien d'autres.

Ecumant salles de ventes et collections particulières, dont celles du duc de Choiseul et du prince de Conti, il va imprimer un nouvel élan à la collection familiale d'objets d'art, entamée par ses ancêtres deux siècles auparavant. Elle deviendra la plus fameuse parmi toute l'aristocratie russe et renommée dans l'Europe entière.

Rentré en Russie, Catherine II présente le comte Stroganov à un hôte de marque, Joseph II, empereur d'Autriche : voici un homme qui dépense sans compter et fait tout pour se ruiner, mais sans y parvenir ! Richissime, ignorant la superficie réelle de ses terres et le nombre de ses serfs, sénateur, grand collectionneur d'art devant l'Eternel, il est tout naturellement nommé président de l'Académie des Beaux Arts.

En mécène accompli, il se lance dans la construction de la cathédrale Notre Dame de Kazan à Saint- Pétersbourg. Principale église orthodoxe de son temps, elle rappelle étrangement la basilique Saint Pierre à Rome par sa majesté et sa grandeur. Sous le règne d'Alexandre Ier, l'édifice servira également de musée où seront conservés religieusement les trophées militaires pris à la Grande Armée de Napoléon.

220px-Charles-Gilbert_Romme.pngAlexandre Stroganov confie l'éducation de son fils Paul à un précepteur français, Gilbert Romme [ci-contre], le futur conventionnel. Toute éducation digne de ce nom passant par laboeuf stroganov, rothschild, stroganoff,yvan le terrible,pierre le grand,narychkine,cheremetiev,vorontsov,garde impériale,joseph ii,notre dame de kazan,gilbert romme,théroigne de méricourt,galitzine,catherine ii,anne troubetskoï,bataille de craonne,elisabeth vigée le brun,demidoff,san donato,palais stroganov,fondation stroganov France, le maître et l'élève se retrouvent à Paris, alors en pleine Révolution. Emporté par les idées nouvelles, renonçant à son titre, son rang et son nom, l'extravagant jeune homme, Popo pour les intimes, fréquente le Club des Jacobins et fonde son propre cercle, les Amis de la Loi. Fortune aidant, il subventionne ses nouveaux amis français avec largesse, allant même jusqu'à s'offrir les faveurs de Théroigne de Méricourt [à droite] et se pavaner dans les rues de la capitale avec sa dulcinée en bonnet phrygien ! Affolement à l'ambassade de Russie à Paris. L'impératrice Catherine II est prévenue : ordre de rejoindre le bercail sans délai ni détour. Le fastueux sans culotte est relégué un temps dans ses terres puis réapparaît, assagi, dans les salons de Pétersbourg où il rentre dans les rangs en épousant une princesse Galitzine. Entre temps, Gilbert Romme, son ancien précepteur, aura mis fin à ses jours après avoir voté la mort du roi de France.

Pris par les doux plaisirs de la vie mondaine, parlant à peine le russe, époux d'une jeune femmepaul alexandrovitch Stroganov.jpg cultivée et spirituelle, le comte Paul Alexandrovitch Stroganov (1774-1817) [ci-contre] mènera l'existence d'un grand seigneur, désoeuvré quoique éclairé, ne retrouvant sa fougue révolutionnaire qu'auprès du cercle très fermé des amis du grand-duc Alexandre qui rêve d'un changement de régime en Russie. Promu général à la suite du tsar, il mourra de chagrin peu de temps après la brutale disparition de son fils aîné, tué à 17 ans d'un boulet de canon sur le champ de bataille de Craonne en France, juste avant l'entrée des troupes alliées à Paris en 1814.

Son cousin Grigori Alexandrovitch Stroganov, né en 1770 sous le règne de Catherine II, et son épouse, née princesse Anne Troubetskoï, seront tous deux l'objet de la délicate sollicitude de la portraitiste Elisabeth Vigée-Le boeuf stroganov,rothschild,stroganoff,yvan le terrible,pierre le grand,narychkine,cheremetiev,vorontsov,garde impériale,joseph ii,notre dame de kazan,gilbert romme,théroigne de méricourt,galitzine,catherine ii,anne troubetskoï,bataille de craonne,elisabeth vigée le brun,demidoff,san donato,palais stroganov,fondation stroganovBrun, tant dans ses écrits que sous ses pinceaux, alors que le scripteur de ces lignes s'inscrit parmi les descendants de cette part d'histoire familiale, au détour d'une généalogie maternelle russe.

Prise sous son charme, Elisabeth Vigée-Le Brun écrira sans ambages avoir rarement rencontré un homme aussi aimable et d'un tel entrain, faisant les délices de la bonne société par ses soupers, ses spectacles et ses fêtes ! Capitaine à 25 ans dans un régiment de la Garde, il quitte l'armée pour embrasser la carrière diplomatique, ce qui lui donnera plus tard le privilège de représenter son tsar en Angleterre lors du couronnement de la reine Victoria, Aujourd'hui, Grigori Stroganov [ci-contre] repose au cimetière Alexandre Nevski de Saint-Pétersbourg, dans un caveau de pierre surmonté d'une épitaphe en français.

C'est à son fils aîné, Serge Grigoriëvitch, président de la société d'archéologie de l'université de Moscou, que reviendra le mérite d'avoir mis à jour la fabuleuse collection de l'or des Scythes, depuis lors précieusement conservée au musée de l'Ermitage.

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 La datcha Stroganov sur les bords de la Neva, tableau de Vorokhinin, 1997
Une charmante cazin à l'italienne, écrit Elisabeth Vigée-Le Brun. Nous faisions de grandes promenades dans les jardins de la villa du Comte Stroganov, l'un des plus belles autour de Petersbourg, commente la baronne Mary de Bode, une mienne aïeule émigrée en Russie à la Révolution française.

La fortune et le nom cherchant à s'allier mutuellement, une soeur de Grigori devient la femme du richissime Nicolas Demidoff, le plus riche particulier de Russie, selon Madame Vigée-Le Brun, rejeton de maîtres de forges fournissant les troupes impériales depuis près de deux siècles. Après avoir confié sa mère au Père Lachaise pour un repos éternel, leur fils Anatole, devenu prince de San Donato, se marie - l'union sera brève - avec la fille de Jérôme Bonaparte, jeune frère de Napoléon.

La comtesse Stroganov, portrait de Franz Xaver Winterhalter (1857) exposé au musée de l'Ermitage.2.jpgUn petit-fils de Grigori Stroganov épouse en secret la grande duchesse Marie, fille préférée du tsar Nicolas Ier et veuve de Maximilien de Beauharnais, petit-fils de l'impératrice Joséphine. Jamais Marie [ci-contre] n'osera avouer cette alliance à son auguste père, très à cheval sur les questions d'unions morganatiques. Aussi, lorsque l'empereur venait voir sa fille, le comte Stroganov se tenait-il dans le salon de son épouse, chapeau et gants en mains, comme un invité. Les apparences étaient sauves !

La dynastie Stroganov, des générations de grands seigneurs et de richesses accumulées depuis les contreforts de l'Oural jusqu'aux pieds du trône des tsars à Saint-Pétersbourg : églises, cathédrales, monastères, écoles, galeries d'art, vastes demeures et palais baroques ...

Quelques années après la Révolution bolchevique, le palais Stroganov est fermé par décision officielle. A l'abri des regards, certaines collections sont réparties parmi différents musées de la Russie devenue soviétique. Puis, en mai 1931 a lieu à Berlin une importante vente d'objets d'art : irréversible dispersion de tableaux, icônes, meubles, sculptures, livres rares, bronzes, broderies, pierres de couleurs, ornements sacrés, argenteries, antiquités et émaux du Moyen Age !

Meyblyum, Jules. Palace of Count PS Stroganov. Yellow room, Hermitage.jpg

Salon jaune au palais Stroganov, tableau de Jules Meyblyum, Musée de l'Ermitage

Si le tsar Yvan le Terrible fut à l'origine de la prodigieuse ascension de la famille Stroganov, Staline, le petit père des peuples, fit tout pour la détruire. Mais aujourd'hui, un héritage vieux de quatre siècles ressurgit grâce à la Fondation Stroganov, créée par une autre descendante, la baronne Hélène de Ludinghausen, assistée de beaucoup de bonnes volontés de part et d'autre de l'ancien rideau de fer ...

Nicolas van Outryve d'Ydewalle

site web : http://stroganofffoundation.org/