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29/01/2012

De la "belle Acarie" à la bienheureuse sœur Marie de l'Incarnation ou la vie de Barbe Avrillot, une lointaine cousine carmélite.

L'ascendance de Marie Aronio de Romblay est émaillée de quelques anecdotes familiales
montrant que la petite histoire peut mener tout droit au Ciel et à ses saints.
Ou comment le Carmel fut introduit en France en 1604 à l'initiative d'une cousine au 14ème degré.

Quatorze générations nous plongent dans des faits deux fois plus anciens que les événements de la Révolution française. Pour plus de clarté, gravissons les échelons du temps :aronio de romblay,belle acarie,barbe avrillot,pierre acarie,champlâtreux,lhuillier,jean pierre acarie,hôtel acarie,maître des comptes,thérèse d'avila,carmel de pontoise,louise de france,de bérulle

1 - Génération d'aujourd'hui [née en 1945/55]
2 - Génération de nos parents
3 - Génération d'Emmanuel, Stanislas, André et Thérèse d'Ydewalle
4 - Charles d'Ydewalle + Marie Aronio de Romblay [ci-contre]
5 - Jérôme Aronio de Romblay + Mathilde de Lafonteyne
6 - Albert Aronio de Romblay + Eugénie de Godefroy
7 - Denis de Godefroy + Marie de Lencquesaing
8 - Jean Baptiste de Godefroy + Anne Zouche de La Lande
9 - Jean de Godefroy + Catherine Le Gay du Châtel
10 - Denys de Godefroy + Geneviève des Jardins
11 - Guillaume des Jardins + Charlotte Aubert
12 - Jacques des Jardins + Elisabeth Chevalier                       
13 - Jacques Chevalier + Barbe Avrillot, sœur de Nicolas Avrillot qui épouse Marie Lhuillier dont Barbe Avrillot, épouse de Pierre Acarie.

aronio de romblay,belle acarie,barbe avrillot,pierre acarie,champlâtreux,lhuillier,jean pierre acarie,hôtel acarie,maître des comptes,thérèse d'avila,carmel de pontoise,louise de france,de bérulleMaria de Vrière, épouse d'André d'Ydewalle, avait la charmante habitude de copier certains tableaux de famille d'une manière fort ressemblante, telle cette petite gouache ovale [ci-contre]. Sur le haut à droite, l'appellation tronquée Aetatis restera à jamais muette quant à l'âge de la personne représentée, tandis qu'à gauche figure l'emplacement vide d'un blason. Sans en avoir la certitude, ne s'agirait-il pas de Barbe Avrillot, épouse de Pierre Acarie. Des arguments ? Un look vestimentaire très XVI-XVIIème siècle, correspondant parfaitement à l'appellation la belle Acarie que lui avaient attribuée les salons parisiens de l'époque ainsi qu'une forte ressemblance avec celle qui deviendra plus tard sœur Marie de l'Incarnation.

Illusion ? En attendant, voici l'authentique histoire de cette bienheureuse cousine, Barbe Avrillot (1566-1618), épouse de Pierre Acarie (1560-1613), conseiller-maître ordinaire des comptes de la Chambre de Paris.

    
Barbe naît à Paris le 1er février 1566. Seigneur de Champlâtreux et chancelier de la reine Marguerite deblason-avrillot.jpg Navarre, son père Nicolas [armoiries ci-contre] est également conseiller-maître ordinaire des comptes de la Chambre de Paris. Elevée au sein d'une famille fortunée, ultra-catholique et royaliste, Barbe reçoit une éducation chrétienne stricte. Afin de préparer sa première communion, elle est confiée à sa tante Isabelle Lhuillier, clarisse à l'abbaye de Notre-Dame de Longchamp où elle apprend à lire, chanter et dire son chapelet. Craintive et obéissante, ne se disputant pas avec ses compagnes, leur cédant incontinent, fort aimable, tout le monde y célèbre à l'envi sa précoce sagesse, telle est l'appréciation de sa formatrice. Elle a le sens de la mortification. Lorsqu'elle avait commis quelque petite faute, elle-même allait s'en accuser, apportant le fouet pour qu'on la châtie.  

Douée d'un caractère fort, intelligente et vive, elle se sent attirée par la vie monastique mais ses parents ont d'autres projets pour leur fille. Ils la retirent de Longchamp en 1580. Barbe n'en continue pas moins de cultiver ses habitudes de piété tout en concevant le projet d'entrer chez les Augustines de l'Hôtel-Dieu pour y servir les malades, la peste et le choléra sévissant à Paris. Sa mère ne l'entend pas ainsi. Barbe est contrainte de réintégrer le foyer familial, entre un père froid et distant et une mère sévère, voir méchante. Comme elle refuse de porter parures et bijoux, sa mère la punit en la soumettant aux rigueurs de l'hiver. Elle aura un pied gelé et un os sera atteint.  

Par obéissance envers ses parents, Barbe épouse le 24 août 1582 - elle a seize ans et demi - Jean-Pierre Acarie, vingt-deux ans, vicomte de Villemore, seigneur de Montbrost et de Roncenay, parfait honnête homme, à la fois riche et pieux. Le couple s'installe dans le Marais, rue des Juifs, au n° 11 de l'actuelle rue Ferdinand Duval, une spacieuse demeure [illustration actuelle] aux nombreux domestiques.                            aronio de romblay,belle acarie,barbe avrillot,pierre acarie,champlâtreux,lhuillier,jean pierre acarie,hôtel acarie,maître des comptes,thérèse d'avila,carmel de pontoise,louise de france,de bérulle 

La nouvelle madame Acarie mène une vie brillante parmi les salons mondains de la capitale. Très vite, on la surnommera la belle Acarie. Etoile au firmament de la jeunesse dorée parisienne, Barbe apprécie le compliment au point que la vue d'une créature encore plus belle qu'elle lui donne du ressentiment et du déplaisir fort sensible, touchée dans sa plus grande vanité ! Epouse comblée d'un excellent mari, maîtresse de maison accomplie, elle reste néanmoins fidèle à sa vie de piété qu'elle partage avec sa femme de chambre.

Grand est le rayonnement de l'hôtel Acarie. Dépassant le cercle de famille et des relations, il s'étend jusqu'à la Cour et le Clergé. Attirées par son degré hautement sublime qu'on appelle le discernement des esprits, d'éminentes personnalités viennent la consulter, tant la vie intérieure de Barbe Acarie est intense.

De 1584 à 1587, trois de ses premiers enfants - elle en aura six - sont nés. Elle s'occupe de près de leur éducation, aidée par sa servante qu'elle a connue à Longchamp. L'entente entre les deux femmes est complète, leur horreur du péché commune. Chaque jour, la servante énumère ses manquements à Barbe, puis Barbe lui énonce les siens, même si cette dernière se bouche les oreilles pour ne pas les entendre ! Elle consacre ses temps libres à la lecture, livres profanes, écrivains amusants et romans d'amour, certains teintés … d'érotisme, révèle l'un de ses biographes. Un jour, découvrant les lectures de sa femme, scandalisé, son mari remplace ces romans par de pieuses lectures.

Barbe a 21 ans : Trop avare à qui Dieu ne suffit, la lecture de cette pieuse sentence va transformer sa vie. C'est le début d'une emprise divine extraordinaire, accompagnée de manifestations d'extases qu'elle ne comprend d'abord pas, souffrant intérieurement avant d'être rassurée par des guides éclairés qui y voient l'action de Dieu. Barbe Acarie décide donc que Dieu seul lui suffit, suivant le principe quand l'on donne son temps à Dieu, l'on en trouve pour tout le reste. Après la bataille de Senlis en 1589, lors de la dernière guerre de religion, l'hôpital Saint-Servais est rempli de blessés. Barbe s'y rend tous lesaronio de romblay,belle acarie,barbe avrillot,pierre acarie,champlâtreux,lhuillier,jean pierre acarie,hôtel acarie,maître des comptes,thérèse d'avila,carmel de pontoise,louise de france,de bérulle jours avec sa belle-mère pour les panser. Durant le siège de Paris de mai à août 1590, elle passe des journées entières à l'Hôtel-Dieu distribuer aux affamés [illustration] le pain de sa propre bouche, cela avec une discrétion telle que son mari ne s'aperçoit même pas de son absence.  

A ce régime-là, Dieu répond par l'extase, est-il écrit à son sujet. La première se produit en 1590 dans l'église Saint-Gervais au cours de la messe du matin. Elle pense mourir de douceur, restant sans mouvement jusqu'au soir hors du sens … presque sans respiration, à genoux cependant, ne pouvant s'en retourner qu'après avoir été éveillée par une servante qui la secoue fortement. Les extases se multiplient, la plongeant dans une grande inquiétude, craignant qu'elles viennent du démon. Les médecins diagnostiquent une exubérance de sang et prescrivent des saignées qui l'épuisent.

Avec l'accord de son mari, elle quitte ses atours mondains pour se vêtir d'étoffes à petits prix, s'enquérant auprès de sa belle-mère : Ne peut-on trouver un habit qui se vête d'un seul coup ? Et encore : A quoi bon tant d'atours, de colliers, de bracelets ? Ce sont tous fatras qui ne servent qu'à faire perdre le temps ! Désormais, elle gardera les yeux baissés devant les hommes afin de ne pas être pour autrui une occasion de chute, tout en demeurant une conseillère écoutée : Presque personne qui l'allât voir et ne s'en retournât touchée extraordinairement de Dieu.

A partir de 1593, elle éprouve les douleurs des stigmates le vendredi et le samedi ainsi que les jours de carême, mais sans que ces stigmates soient apparents. Elle pratique assidûment l'oraison et en toutes circonstances la charité, l'obéissance et l'humilité, traquant ses péchés et ses imperfections. Bien qu'elle n'ait que 27 ans, sa santé n'est pas brillante. Elle endure de grandes souffrances physiques avec un visage si égal et un cœur si ferme que ceux qui la considéraient étaient tout étonnés.

Sur le plan familial, les Acarie vont vivre une période éprouvante. Politiquement très engagé, Pierre est un ligueur fort en vue. L'on se souvient que la Ligue regroupait nobles et seigneurs ultra-catholiques, appuyés par l'Espagne et ligués contre le pouvoir royal. Pierre Acarie et Nicolas Avrillot, respectivement mari et père de Barbe, font partie des Seize, sorte de gouvernement insurrectionnel de Paris contre Henri IV. Lorsque ce dernier est sacré roi en 1593, Pierre Acarie est banni de Paris et ses biens sont confisqués. Comme il a dû emprunter de l'argent pour financer la Ligue, ses créanciers font saisir l'hôtel Acarie. Barbe se réfugie avec ses six enfants chez une cousine. Entre-temps, son mari a trouvé le gîte à Champlâtreux dans la famille de son épouse. Bonne écuyère, celle-ci lui rend visite à cheval. Un jour, elle est désarçonnée, son pied reste coincé dans l'étrier et elle est traînée sur une longue distance. Un fémur cassé en trois endroits, une mauvaise opération durant laquelle le chirurgien oublie de lui remettre un petit os … Barbe est condamnée à marcher avec des béquilles, subissant le reste de ses jours grandes douleurs et faiblesses. L'année suivante, tombée d'un escalier, elle se casse à nouveau la cuisse et reste alitée trois mois. Peu après, tombée sur les marches d'une église, on doit la transporter aronio de romblay,belle acarie,barbe avrillot,pierre acarie,champlâtreux,lhuillier,jean pierre acarie,hôtel acarie,maître des comptes,thérèse d'avila,carmel de pontoise,louise de france,de bérulle,de vrière,zouche,de lencquesaingà Paris sur un brancard. Elle est définitivement infirme ...

Quatre années de tourments qui n'empêcheront nullement Barbe d'assurer avec habileté et ténacité la défense de son mari dans les procès engagés par ses créanciers. Bien qu'il soit contraint de se défaire à vil prix de son office de Maître des Comptes, l'immeuble de la rue des Juifs lui est malgré tout restitué et toute la famille peut s'y réunir à nouveau. Le courage et l'intelligence avec lesquels Barbe sut rétablir les affaires de son mari frappent ses contemporains. Cela fit du bruit dans Paris et il fut bientôt à la mode de la connaître. Toujours à l'affût de gens d'esprit, le roi Henri IV [illustration] la rencontre plusieurs fois et s'en montre enchanté !

A 32 ans, elle est toujours aussi belle, gaie et agréable. Malgré ses accidents corporels, elle continue à déployer une grande activité sociale, faisant dire à son propos que de son temps, il ne se faisait rien de notable pour la gloire de Dieu qu'on ne lui en parlât ou qu'on en prît son avis. Marie de Médicis cherche à rencontrer madame Acarie pour se mettre sous sa direction spirituelle, mais Barbe se dérobe à cet honneur avec autant de soin qu'une autre eût mis à l'obtenir. François de Sales et plus tard Vincent de Paul - tous deux futurs saints - sont les hôtes assidus de l'hôtel Acarie. De son côté, aigri et désœuvré, Pierre Acarie devient difficile à vivre, tout en reconnaissant lui-même que si sa femme devenait sainte, il aurait beaucoup contribué à sa sainteté !

Après le regroupement familial à l'automne 1601, Barbe Acarie a connaissance des écrits de Thérèse d'Avila, réformatrice du Carmel en Espagne. Elle n'est pas emballée mais un peu plus tard … la bienheureuse Thérèse apparut à Barbe qui faisait oraison et l'avertit que telle était la volonté de Dieu en ces termes : De même que j'ai enrichi l'Espagne de cet Ordre très célèbre, de même que toi qui restaures la piété en France, tâche de faire bénéficier ce pays du même bienfait. N'osant tout d'abord pas faire état de cette vision, Barbe se confie ensuite à quelques théologiens de son entourage qui lui conseillent de s'ôter cela de l'esprit. Nouvelle apparition quelques mois plus tard de sainte Thérèse qui lui ordonne de fonder le Carmel en France en lui promettant que l'entreprise se réalisera !

T_avila_bLa partie basse, datée de 1954, retrace la vision de Ste Thérèse d'Avila à Mme Acarie en la basilique Saint Nicolas de Port lors du Jubilé de 1602.jpg

Œuvre du peintre lorrain Pierre-Dié Mallet en 1954 pour le 350ème anniversaire de la fondation de l'Ordre du Carmel en France. Elle retrace la vision de Ste Thérèse d'Avila à Madame Acarie en la basilique Saint Nicolas de Port lors du Jubilé de 1602. Debout tenant son chapeau dans la main gauche et récitant son chapelet de la main droite, Pierre Acarie, vicomte de Villemaure. A genoux, en soutane noire avec sa cape et sa calotte, l'Abbé Pierre de Bérulle (1575-1629) [illustration ci-dessous], cousin de Mme Acarie, tient un livre de prière.

Profondément troublée par cette nouvelle vision, Barbe fait part de ce projet de fondation à deux PierreDeBerulle.jpgprincesses de la maison d'Orléans-Longueville, mesdames de Longueville et d'Estouteville, qu'elle venait solliciter incidemment pour une bonne œuvre. A sa grande surprise, le projet est chaleureusement adopté par les deux altesses qui se chargent d'aller elles-mêmes solliciter la permission au Roi. Alors que tout semblait la devoir faire refuser, le Roi donne l'autorisation de fonder des monastères de Carmélites dans son royaume ! Confondus par tant de facilités, les hommes de Dieu y voit cette fois-ci une marque incontestable de la volonté divine.

Juin 1602, des décisions importantes sont prises : le premier monastère sera établi à Paris et l'on introduira en France des mères espagnoles qui serviront de modèles. Puis, Barbe a une nouvelle vision : Dieu me fit voir qu'Il voulait que je fusse religieuse en cet Ordre et sœur laie [converse]. Etre sœur laie et non sœur du cœur attriste beaucoup Barbe parce qu'elle ne pourrait pas chanter avec les autres sœurs.  

Le 3 novembre 1603, le pape Clément VII accorde la bulle d'institution. La construction du premier Carmel a lieu dans le prieuré Notre-Dame des Champs, faubourg Saint-Jacques à Paris. Tout en dirigeant les travaux avec douceur et célérité, Barbe constitue l'équipe qui doit ramener d'Espagne six img-2.jpgcarmélites ayant vécu avec Thérèse d'Avila [ci-contre] et donc imprégnées de sa spiritualité. Deux mois à peine après l'arrivée des mères espagnoles, le succès est tel qu'il est nécessaire d'ouvrir un second Carmel. Barbe Acarie choisit Pontoise. A l'automne suivant, un troisième Carmel est organisé à Dijon. En 1606, elle choisit d'implanter le quatrième à Amiens, le cinquième en 1608 à Tours et l'année suivante, un sixième à Rouen ! Parmi les premières novices, on distingue la marquise de Bréauté, mademoiselle de Brissac, fille unique de Charles de Cossé, duc de Brissac et maréchal de France, Marie-Sylvie de La Rochefoucauld, sœur du cardinal, etc.

Toute à ses affaires du Carmel, Barbe continue néanmoins à remplir aronio de romblay,belle acarie,barbe avrillot,pierre acarie,champlâtreux,lhuillier,jean pierre acarie,hôtel acarie,maître des comptes,thérèse d'avila,carmel de pontoise,louise de france,de bérulle,de vrière,zouche,de lencquesaingses nombreuses obligations dans le monde et s'emploie même à aider madame de Sainte-Beuve [à gauche] à fonder l'ordre des Ursulines, destinées à l'éducation des jeunes filles. Sans jamais se plaindre, elle s'occupe de son mari tout en supportant les taquineries et incartades que ce dernier, l'âge aidant, lui prodigue. Sans y être aucunement poussées, leurs trois filles entrent au Carmel.

Pierre Acarie meurt le 17 novembre 1613 après une pénible maladie pendant laquelle Barbe, toute malade qu'elle est également, l'assiste affectueusement. Après avoir réglé la succession de son défunt mari, ne gardant pour elle qu'une rente viagère qu'elle offre le surlendemain au Carmel, Barbe entre au Carmel d'Amiens le 14 février 1614 comme sœur converse en prenant le nom de Sœur Marie de l'Incarnation. Dieu lui accordait ce qu'elle avait toujours si ardemment désiré, être servante des servantes de Dieu. Elle aide à la cuisine et sert à tout ce qu'elle peut. Il faisait bon la voir ainsi et entendre les paroles embrasées qu'elle disait en frottant et nettoyant les écuelles et les pots, cherchant des inventions pour les faire bien nets. Contrairement à la règle du silence, la supérieure lui commande de parler aux novices et aux autres sœurs. Elle avait un don particulier pour affermir les faibles et les assurer contre les tentations et les scrupules.

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Sa santé se dégrade à nouveau. Elle guérit miraculeusement d'une terrible hémorragie. Le jour des Rameaux 1615, elle est d'un froid de mort par tout le corps … ne lui restant plus de chaleur de l'estomac jusqu'au cœur. Son confesseur et la prieure lui ordonnent de demander à Dieu de ne pas encore mourir. Aussitôt, la chaleur revient dans son corps.

Elue prieure à l'unanimité lors de nouvelles élections, Barbe refuse cet honneur puisque Dieu lui avait fait savoir que je fusse religieuse en cet ordre et sœur laie. Une sœur converse ne peut être prieure. Bien peu maternelle, la nouvelle prieure du Carmel d'Amiens gouverne d'une main de fer, à la turque comme on disait à l'époque. Elle interdit à Barbe d'encore guider ses consœurs, ceci sans pouvoir prévenir quiconque ! Vers la Toussaint 1616, sœur Marie de l'Incarnation est transférée au Carmel de Pontoise. Reçue avec ferveur, elle autorisée à prodiguer à nouveau ses conseils tant aux novices qu'à la prieure. Tout est paix.

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Née à Paris en 1592, Geneviève Acarie, la troisième fille de Barbe, entra chez les Carmélites en 1607 et prit le nom de Geneviève de Saint-Bernard. Elle fonda le couvent des Carmélites de Chartres et devint prieure de celui de Sens où elle mourut le 12 septembre 1644. 

Février 1618, elle tombe gravement malade, atteinte d'hémiplégies par ramollissement rouge pneumonique, en jargon médical moderne. Si vous voyiez ce que je souffre, vous auriez pitié de moi, et plus de ce qui est intérieur que ce qui paraît au dehors ! Le 18 avril, au moment précis où son confesseur lui administre l'Extrême Onction, Barbe rend son âme à Dieu. Avant de réciter la prière des défunts, le confesseur se retourne vers la communauté : A l'instant où je vous parle, la défunte jouit déjà de la vue de Dieu. Barbe avait cinquante-deux ans. Au dehors, la rumeur se propage rapidement. carmel-pontoise-92.jpgLes uns et les autres s'écrient : La sainte est morte, la sainte est morte !

Son corps repose au monastère de Pontoise [ci-contre]. Très vite, les miracles se multiplient autour de sa tombe. A la demande de son fils aîné, grand vicaire de Rouen, les enquêtes juridiques d'usage sont ouvertes dès 1622 mais la cause n'aboutira qu'à la fin du XVIIIème siècle, sur les instances mêmes de la princesse Louise de France [illustration ci-dessous]. Août 1791, au cours d'une cérémonie dans la basilique Saint-Pierre à Rome, Pie VI déclare sœur Marie de l'Incarnation bienheureuse, bel exemple infligé aux Français plongés dans le désordre religieux provoqué par la Révolution.

madame Louise.jpg

Née le 15 juillet 1737 à Versailles, Louise-Marie de France, dite Madame Louise, était la plus jeune des enfants de Louis XV et de Marie Leszczyńska. En 1770, alors que la cour prépare le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette, à la stupéfaction générale, Louise sollicite de son père l'autorisation de se faire carmélite. Sa phrase "Moi carmélite et le roi tout Dieu" témoigne de sa croyance sincère. Comme nom de religieuse, elle choisit Thérèse de Saint-Augustin en hommage à sainte Thérèse d'Avila. Elle mourut le 23 décembre 1787, quelques mois seulement avant la révolution qui allait chasser sa dynastie. Ses derniers mots furent "Au paradis ! Vite ! Au grand galop ! " A droite : Visite de Louis XV à Madame Louise de France au carmel de Saint-Denis. Huile de Maxime Le Boucher.

Barbe laissera un traité spirituel à l'intention de ses cousins et cousines d'aujourd'hui : Les vrays exercices de la bienheureuse Marie de l'Incarnation, composez par elle-mesme, très propres à toutes âmes qui désirent ensuyvre sa bonne vie.

Requiescat in pace !

Nicolas van Outryve d'Ydewalle

25/01/2012

Guillaume de Bilquin, un aïeul bien dans ses papiers

Chronique autour des faits et gestes de sire Guillaume de Bilquin (1656-1710), maître de forges,
bailli des forêts d'Entre-Sambre-et-Meuse, châtelain de Marchienne-au-Pont et seigneur de Bioul,
ancêtre commun des lignées Cartier, Moreau, Montpellier et autres familles alliées.

Notre récit débute en l'an de grâce 1646 lorsqu'un dénommé Antoine Bilquin [ci-contre], bourgeois de Dinant, Antoine Bilquin1.jpgconvole en justes noces avec une demoiselle Anne Moreau, originaire de Fontaine-l'Evêque. L'origine de cette union ? Des relations d'affaires - le négoce du fer - entre le gendre et le beau-père. Dix ans plus tard, le jeune ménage se fixe à Marchienne-au-Pont où la chance sourit à Antoine Bilquin : les usines dites de Zone, comprenant une forge et une fenderie [laminoir], sont à vendre. Entreprise de concert avec son beau-frère André Moreau, cette affaire va s'avérer excellente et sera à la base de la fortune familiale.

L'histoire ne nous apprend-t-elle pas que c'est dans l'Entre-Sambre-et-Meuse ainsi que dans les comtés du Hainaut et de Namur que l'on trouve les premières forges, source de richesse et de considération pour nombre de familles ? Si les nobles pouvaient l'exercer sans déroger, les maîtres de forges bourgeois obtenaient plus facilement concession de noblesse grâce à leurs mérites professionnels, comme le témoignent ces lettres patentes accordées par l'empereur d'Autriche : … que le remontrant nous aurait rendu divers bons services en la fonte et au fournissement de plusieurs pièces de canons, balles, mousquets, bombes, grenades, pour l'usage de nos armées …

Malheureusement, après quinze années de mariage et huit enfants, Anne Moreau meurt en donnant naissance à un neuvième. Elle n'a que 34 ans. Se consolant comme il peut, Antoine Bilquin travaille d'arrache pied, ne s'accordant aucune distraction. De simple marchand de fer, il devient un important maître de forges. Standing oblige, il installe ses pénates dans la plus belle demeure de Marchienne-au-Pont sur la place de l'Eglise. Puis, il est nommé bailli et contrôleur des Bois et Forêts de S.A.E. [Son Altesse Electorale] le prince-évêque de Liège au quartier d'Entre-Sambre-et-Meuse.

Antoine Bilquin s'enrichit, acquiert des terres et des rentes et soulage la misère de ses contemporains. Pieux et généreux, il soutient de ses bienfaits le couvent des Récollets de Fontaine-l'Evêque et celui des Sépulchrines de la Miséricorde de Marchienne-au-Pont où l'une de ses filles, sœur Sébastienne de Saint-Gabriel, est chanoinesse régulière. Antoine Bilquin décède le 20 décembre 1685 à neuf heures du soir, après une longue maladie supportée avec beaucoup de courage. Qu'il repose en paix, relate dans le registre paroissial de Marchienne-au-Pont son curé qui l'appréciait beaucoup.

Bilquin - Baillencourt.jpg

Guillaume de Bilquin (1656-1710) et son épouse Marie-Agnès de Baillencourt (1654-1725),
ancêtres de l'auteur de ces lignes

Quelques six ans auparavant, en l'église Notre-Dame de Nivelles, son fils Guillaume s'était uni pour lede bilquin,de bioul,de cartier,de moreau,de montpellier,de baillencourt,de courcol,château de marchienne au pont,vaxelaire,de proper,marguerite yourcenar,cartier de marchienne meilleur et pour le pire à damoiselle Marie-Agnès de Baillencourt, dit Courtcol, fille d'un receveur des domaines de Nivelles, issu d'une branche cadette de l'illustre maison de Baillencourt, arrivée vers 1522 d'Artois en Belgique à la suite de Jehan de Baillencourt, échanson de Charles-Quint. Cette lignée belge semble avoir rapidement retrouvé une partie de son lustre ancien : le mariage n'est-il pas béni par un oncle de Marie-Agnès, qui n'est autre que monseigneur François de Baillencourt, évêque de Bruges [ci-contre], alors que deux des propres frères d'icelle officient comme chanoines à la cathédrale de Bruges ?

Quelques générations plus tôt, un Jean de Baillencourt, échanson de la reine Eléonore d'Espagne et panetier [chargé de la garde et de la distribution du pain à la cour] de l'empereur Charles-Quint, épouse Anne d'Ittre, un vieux nom de la féodalité brabançonne. De cette union naît Jeanne qui convolera avec Guillaume de Rifflart, ancêtre de la future lignée des marquis d'Ittre, devenue par après de Trazegnies d'Ittre.  

A en croire la chronique, la noblesse des Baillencourt dériverait d'un fait d'armes datant du 18 août 220px-Battle_of_Mons-en-Pévele.jpg1304 lors de la bataille de Mons en Pévèle [illustration] dans le Nord de la France, où les Flamands du comte de Flandre furent méchamment défaits par les troupes françaises commandées par Philippe le Bel. La journée est torride, nos Flamands ont soif et cherchent à s'emparer du seul point d'eau disponible. Pris par surprise, Philippe le Bel et ses chevaliers refluent en désordre. Il s'en faut de peu que le roi ne soit fait prisonnier. Fort heureusement, un dénommé Baillencourt, petit de taille, arrive à le dégager. Le roi le récompense en l'anoblissant par son surnom Courtcol, patronyme élégamment porté aujourd'hui par de lointains cousins français Courcol de Baillencourt !

Ne dérogeant point à la règle qu'en matière de généalogie une partie de notre humanité européenne se doit de descendre d'Hugues Capet, une Baillencourt s'alliera à un Beauffort, lui-même issu d'illustres hobereaux féodaux dont Hugues II de Ponthieu, époux de Gisèle de France, fille puînée du souverain capétien, lié quant à lui à Guillaume-le-Conquérant, Charlemagne et bien d'autres, tel un Duncan Ier, roi d'Ecosse, que Shakespeare fera assassiner par Macbeth, un autre roi d'Ecosse.  

Mais revenons à nos affaires. Unique héritier de son père, Guillaume de Bilquin - ses frères et sœurs n'étant déjà plus de ce monde - lui succède dans sa charge de bailli et contrôleur des Bois et Forêts d'Entre-Sambre-et-Meuse. Tout naturellement, il prend la tête des usines de Zone qui seront la pièce maîtresse de sa fortune industrielle. Entre-temps, il a racheté et restauré la grosse forge du Monceau, restée inactive depuis l'époque où son grand-père Guillaume Moreau en avait cessé l'exploitation, seize ans auparavant.

Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, il reprend à sa charge l'exploitation et la production de la forge et du fourneau de Bouffioux dont le propriétaire, greffier à Châtelet, est endetté jusqu'au cou. Puis, c'est l'acquisition du fourneau de Feroulle, suivi de la prise en main du fourneau de Gerpinnes. Et en achetant le bois de Marcinelle, suivi par le bois des Marlières à Mont-sur-Marchienne, il devient propriétaire terrien.

L'industrie métallurgique de nos contrées du Sud travaille intensément pour couvrir les énormes besoins militaires de la France. Infatigable travailleur comme son père Antoine ainsi que son grand-père Guillaume Moreau, Guillaume de Bilquin bénéficie d'une longue période de prospérité. Sa réussite fait de lui un gentilhomme fastueux.

Cerise sur le gâteau : en janvier 1695, il devient châtelain en acquérant le castel de Marchienne-au-Pont. Lorsque s'érige le château au début du XVIIième siècle, Marchienne-au-Pont n'est qu'un village au bord d'une rivière, tirant sa prospérité et son nom d'un pont qui sera longtemps l'unique lien entre l'abbaye d'Aulne et Châtelet, avant la création de Charleroi en 1666. Après avoir longtemps été occupé et détérioré par une garnison française, l'édifice doit être presque entièrement reconstruit.

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Il lui reste quinze ans à vivre et à prospérer. A cours d'argent, le prince-évêque de Liège est heureux de lui céder pour la somme 6.000 florins les seigneuries hautaines de Marchienne-au-Pont et Mont-sur-Marchienne. D'homme de qualité, voilà notre sieur Bilquin devenu seigneur hautain. Mais jamais il ne pourra accéder à la noblesse officielle car les circonstances qui auront privilégié sa fortune, le défavoriseront. Liégeois, il ne pouvait être anobli que par l'empereur. Mais il réside en zone ennemie, sous l'obédience de Joseph-Clément de Bavière, vassal rebelle et exilé en France !

Tout cela ne l'empêche pas de vivre noblement. Par acte du 22 juin 1708, il acquiert la seigneurie de Bioul [illustration ci-dessous], une des terres les plus aristocratiques du comté de Namur. Ici aussi, le château est en fort mauvais état. Il entreprend de le restaurer mais sans en voir la fin, puisqu'il meurt deux ans plus tard.

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L'histoire de la seigneurie de Bioul mérite par ailleurs un petit détour. Cités au XIième siècle, les premiers maîtres du lieu sont les seigneurs d'Orbais qui règnent également à Corroy-le-Château et Sombreffe. Passé par mariage aux seigneurs de Jauche, le patrimoine de Bioul se voit hypothéqué, vendu puis cédé en 1522 aux Brandebourg. Cent cinquante ans plus tard, l'une des héritières, la baronne de Soye, le vend à Guillaume de Bilquin. Celui-ci l'attribue par héritage à sa fille et à son gendre Guillaume-Nicolas de Moreau qui termine le gros du travail de restauration. Une aussi excellente fortune mène d'ailleurs ce dernier au siège mayoral de Charleroi ainsi qu'au titre de chevalier, accordé par l'empereur Charles VI d'Autriche. Survient la Révolution française, exit la fortune des Moreau qui revendent Bioul à René Moretus, descendant de l'illustre Plantin, bien dans ses papiers lui aussi. De son épouse Marie de Theux, le nouveau propriétaire a cinq enfants dont le dernier, Jésuite, reprend le château et les terres. Trop occupé à fonder la bibliothèque de Notre Dame de la Paix à Namur que pour résider dans ses tours, il revend la seigneurie de Bioul à François Vaxelaire en 1906. Les descendants Vaxelaire l'occupent toujours.

de bilquin,de bioul,de cartier,de moreau,de montpellier,de baillencourt,de courcol,château de marchienne au pont,vaxelaire,de proper,marguerite yourcenar,cartier de marchienneGuillaume de Bilquin décède à Bioul le 25 juin 1710 à l'âge de 53 ans. Il est enterré dans le chœur de l'église où sa dalle funéraire se voit encore. Son épouse Marie-Agnès - elle meurt en 1725 - recueille l'entièreté de l'usufruit de la fortune, tout en se déchargeant sur ses gendres d'une bonne partie de la gestion journalière des usines. Mais elle a fort à faire pour maintenir la paix entre les pièces rapportées, douées de fortes personnalités. Si l'un est envahissant, se prévalant de sa qualité de mari de la fille aînée, l'autre, époux de la cadette, se montre tatillon parce qu'il s'estime lésé, alors que les deux autres ne demandent qu'à vivre en paix. L'héritage n'est pas vraiment négligeable : la part de chaque héritière s'élève à 4.000 florins de rente, nettement supérieurs aux 568 florins de rente dont avait hérité leur père de son grand-père, Guillaume Moreau.

Des sept enfants de Guillaume et Marie-Agnès de Bilquin, quatre filles seulement seront parvenues à l'âge adulte. Marie-Josèphe, épouse de Guillaume-Nicolas de Moreau, son oncle à la mode de Bretagne, bailli et mayeur de la ville de Charleroi, maître de forges à Rouillon-Annevoie et Yvoir en 1700. Elle reçoit la terre et la seigneurie de Bioul ainsi que celle de Hommelbrouck à Oostkamp, héritage d'un de ses oncles chanoines Baillencourt.

Marie-Thérèse se marie en 1708 avec François-Guillaume de Propper, chevalier du Saint Empire, conseiller d'Etat et directeur de la Chambre des Comptes de S.A.E. de Cologne. A en croire la relation du curé de Marchienne, absent à la cérémonie, ce fut un beau mariage bien qu'il fut faict durant le tems que je fus pour mes incommodités prendre les bains au lieu de Chaudfontaine.

Héritant des usines de Zone, Jeanne-Françoise de Bilquin épouse en 1714 dans la chapelle du châteaude bilquin,de bioul,de cartier,de moreau,de montpellier,de baillencourt,de courcol,château de marchienne au pont,vaxelaire,de proper,marguerite yourcenar,cartier de marchienne de Marchienne Jean de Montpellier, seigneur d'Yvoir et d'Annevoie, maître de forges à Yvoir et Sclaigneux, mayeur de la cour des Férons du comté de Namur et seigneur foncier d'Annevoie. Leurs enfants seront anoblis en 1743.

Marie-Agnès [ci-contre] - elle disposera du château de Marchienne-au-Pont - devient en 1717 la femme de Jean-Louis de Cartier, fils d'un bourgmestre de Liège et trésorier général du de bilquin,de bioul,de cartier,de moreau,de montpellier,de baillencourt,de courcol,château de marchienne au pont,vaxelaire,de proper,marguerite yourcenar,cartier de marchienneprince-évêque, à son tour bourgmestre de Liège. L'auteur de ces lignes déclare son attachement généalogique et filial à cette neuf fois arrière-grand-mère via les Reynegom de Buzet, de Vrière et van Outryve d'Ydewalle de la branche dite de Beernem.  

Clôturons notre récit par quelques mots sur l'évolution du château de Marchienne-au-Pont. Dans son ouvrage Souvenirs pieux, Marguerite Yourcenar, alias de Crayencour, parle de son ascendance maternelle Cartier de Marchienne, propriétaire depuis plusieurs générations d'un manoir de style Renaissance flamande, situé au cœur de Marchienne-au-Pont. Et de raconter l'étrange lubie de son oncle Emile de Cartier de Marchienne [illustration], ambassadeur en Chine au début du siècle dernier : faire ambassadeur de Cartier.jpgreconstruire la Légation belge, située en plein cœur de Pékin, quasi à l'identique du château familial de Marchienne-au-Pont. Une entreprise gigantesque, des plans dressés à Marchienne, des matériaux arrivant à Pékin par colis numérotés de briques, tuiles, ardoises, pavements et lambris. Aujourd'hui, le bâtiment existe toujours et se situe à deux pas de la célèbre place Tian An Men !

La famille de Cartier vend la propriété à la ville de Marchienne-au-Pont en 1938. Subissant le sort habituellement réservé aux demeures acquises par un organisme public, le château sera longtemps laissé à l'abandon. Restauré depuis peu, il se visite à l'occasion des Journées du Patrimoine. Fortifié au nord par une muraille dominant la Sambre, le logis se compose de deux ailes perpendiculaires, d'une tour d'angle et d'une chapelle, ceinturant la cour d'honneur dont le porche d'entrée est frappé aux armes Bilquin-Baillencourt.
                                    
Nicolas van Outryve d'Ydewalle

© Edmond de Moreau d'Andoy : Historique de la famille de Moreau
© Gaspard Maigret de Priches : Nos familles de Maîtres de Forges (1446-1860)
© Professeur Philippe Jacqmin : Cercle d'Archéologie de Marchienne-au-Pont
© Marquis de Trazegnies : Archives du Fonds de Corroy-le-Château (familles éteintes)