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edouard petrovitch hau

  • Aquarelles du Palais d'Hiver à Saint Pétersbourg

    Fleuron des collections du Musée de l'Ermitage, un ensemble d'aquarelles immortalisent
    la splendeur et l'intimité des intérieurs du Palais des tsars de Russie à Saint-Pétersbourg.
    A la fois précieux souvenir d'un passé aujourd'hui effacé et brillant témoignage
    de l'art graphique russe au XIXe siècle, magnifiquement illustré par l'éditeur Alain de Gourcuff.

    Pays aux espaces infinis, la Russie a longtemps semblé inaccessible aux Européens. Ce n'est qu'à partir de l'avènement de Pierre-le-Grand qu'elle s'ouvre sur l'Europe. Délaissant Moscou, le tsar crée unepalais d'hiver,tsar de russie,alain de gourcuff,musée de l'ermitage,pierre-le-grand,nicolas ier,alexandre ii,edouard petrovitch hau,constantin andreïevitch oukhtomsky,alexandra feodorovna nouvelle capitale à l'extrémité ouest de ses territoires, terres marécageuses reprises depuis peu aux Suédois. Saint-Pétersbourg devient la capitale d'un empire qui peut désormais communiquer avec les plus grandes nations.

    Résidence de la famille impériale et siège de l'Etat jusqu'en 1917, le Palais d'Hiver est construit entre 1753 et 1762 par l'architecte italien Francesco Rastrelli [ci-contre] pour l'impératrice Elisabeth Ier, fille de Pierre-le-Grand. Elevé sur les bords de la Néva, il est le plus vaste des cinq bâtiments qui constituent aujourd'hui le Musée de l'Ermitage.

    L'édification des salles d'apparat et des appartements privés requiert le concours des meilleurs artistes et décorateurs. Alors qu'un terrible incendie ravage les bâtiments en 1837 [illustration ci-après], une grande partie de la décoration intérieure sera fidèlement reconstituée.

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    C'est d'abord Nicolas Ier puis son fils, le tsar Alexandre II, qui commande l'exécution d'aquarelles représentant les appartements privés de la famille et les nombreuses salles d'apparat. Cet ensemble de 130 aquarelles est aujourd'hui conservé au Cabinet des Dessins du Musée de l'Ermitage, dans un portefeuille marqué au chiffre d'Alexandre II. Il n'avait jusqu'à présent jamais été publié dans son intégralité.

    De 1835 à 1880, les aquarellistes les plus renommés sont mis à contribution, tel Edouard Pétrovitch Hau qui continue à dessiner pour Leurs Majestés Impériales des perspectives des intérieurs du Palais d'Hiver, selon un rapport de l'Académie des Arts de Saint-Pétersbourg. Ses aquarelles reproduisent avec minutie aussi bien les intérieurs créés après le grand incendie que des pièces restaurées dans leur état d'origine.

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    Grande salle du Trône
    D'une superficie de 800 m², dite aussi "Salle Saint Georges",
    elle est inaugurée le 26 novembre 1795, jour de la fête patronymique du Saint.
    Aquarelle de Constantin Andreïevitch Oukhtomsky, 1862.

    Chacun de ces artistes se reconnaît à des particularités de style : dessin précis et gamme de couleurs froides chez l'un ; grande liberté picturale et large palette de couleurs chez l'autre ; netteté et simplicité de l'exécution avec rendu des détails chez un troisième.

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    Salle de bains de l'impératrice Alexandra Féodorovna, épouse de Nicolas Ier
    Dessinée par l'architecte Montferrand, son aménagement exotique copie le style mauresque
    dont s'inspirent un grand nombre d'artisans de cette période au goût éclectique.
    Aquarelle d'Edouard Pétrovitch Hau, 1870.

    Petit jardin d'hiver de l'impératrice Alexandra Féodorovna
    La longueur des hivers russes éveille le désir de pallier l'absence de verdures.
    Les jardins intérieurs contribuent à l'illusion de l'été.
    Aquarelle de Constantin Andreïevitch Oukhtomsky.

    Les aquarelles révèlent parfois des détails touchants sur la vie quotidienne de la famille impériale, tels le mobilier miniature et les jouets dans les salles de jeux des enfants de Nicolas Ier, décrit par ses contemporains comme un père extraordinairement attentif.

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    La salle des Cuirassiers
    Aménagée après l'incendie de 1837, la salle ouvre l'enfilade des cinq salles
    du côté de la Place des Palais et dans lesquelles, en avril 1839,
    Nicolas Ier décide de faire accrocher des tableaux militaires.
    Aquarelle d'Edouard Pétrovitch Hau, 1864.

    Dans ses souvenirs rédigés en français, Nicolas Ier rapporte des réminiscences de jeunesse : Hors les étiquettes, notre genre de vie d'enfant était assez semblable à celui de tout autre enfant. Dès l'instant de la naissance, on lui donnait une bonne anglaise, deux dames de nuit, quatre filles ou femmes de chambre, une nourrice, deux valets de chambre, deux laquais, huit domestiques et huit chauffeurs ...

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    Le cabinet Framboise de la grande-duchesse Maria Alexandrovna
    Le mobilier, réalisé à la fin des années 1830, était garni de soie framboise.
    Abritée derrière un écran de verdure, la grand-duchesse pouvait admirer la vue sur l'Amirauté.
    Aquarelle d'Edouard Pétrovitch Hau, 1860.

    Images à la netteté cristalline ou d'une savoureuse douceur, les aquarelles du Palais d'Hiver représentent l'ultime expression d'un art destiné à disparaître avec l'émergence de la photographie. Aujourd'hui, le temps semble s'être figé parmi ces intérieurs familiaux et ces vastes salles d'apparat qui nous renseignent aussi bien sur la vie du Palais que sur celle des souverains qui s'y sont succédés.

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    Presque deux cent cinquante ans plus tard, là où ces mêmes intérieurs sont encore reconnaissables, malgré la transformation du Palais d'Hiver en Musée de l'Ermitage, surgissent devant nous les images d'autrefois ...

    Nicolas van Outryve d'Ydewalle
            
    © Vues du Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg, Alain de Gourcuff Editeur, Paris, 1995