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17/01/2012

Le président George W. Bush, un cousin parmi d'autres …

Révolu le temps de "l'oncle d'Amérique" parti chercher fortune outre Atlantique :
place au 43e président des Etats-Unis, lointain cousin au cinquante-quatrième degré et quelques !

Qu'y a-t-il de commun entre une salle d'attente de dentiste et la généalogie, me direz-vous ? Pas grand chose si ce n'est un choix de publications déposées sur la table à l'attention des patients en attente george-bush.jpgfébrile de la fraise salvatrice. Loin de toute prétention intellectuelle, c'est l'occasion ou jamais de feuilleter à bon compte diverses revues glamour sur papier glacé et … d'en apprendre des choses.

Surpriiise !, titre sur deux pages couleurs un numéro du magazine Gala à propos du président US qui eut quelques difficultés à rester, sinon à redevenir le grand ami de la France depuis sa guerre en Irak. Damned !, jure la chroniqueuse mondaine de Gala, son ancêtre était français : à en croire les experts, le moins francophile de tous les présidents américains est bien le descendant direct d'un chevalier frenchy sans peur et sans reproche.

Jusque là rien de très exceptionnel, le pedigree de plusieurs présidents des Etats-Unis depuis Georges Washington faisant habituellement l'objet d'une grande vénération parmi les généalogistes anglo-saxons, dès lors que les ancêtres d'iceux s'avèrent être (entre autres) des descendants des compagnons de Guillaume-le-Conquérant, si pas du Conquérant himself qui envahit l'Angleterre en 1066, lors de la bataille de Hastings. Comme chacun sait, ou le plus souvent ne sait pas, une majorité de la High Society d'aujourd'hui de Sa très gracieuse Majesté britannique tire son origine dans ses racines franco-normandes. D'ailleurs, ne parlait-on pas encore un français mâtiné de normand à la cour d'Angleterre au XIVe siècle ?  

En français bien de chez nous, on appelle ça être rattrapé par son passé, continue Gala. Messire Bush, 43e président des Etats-Unis, descendrait en droite ligne du valeureux tournoyeur Guillaume le Maréchal [William Marshal pour les puristes] et des nobles seigneurs d'Orbec et Bienfaite, du nom de deux patelins proches de la ville de Rouen. Auteur d'une mini-croisade antifrenchy en l'an de grâce 2003 (début du conflit irakien), Georges Dubbeliou serait donc un Normand qui s'ignore !

C'est ici que l'anecdote historique rejoint notre propre patrimoine généalogique : éloignée de quelques vingt-quatre générations, Marie Aronio de Romblay (1843-1926), épouse de Charles d'Ydewalle, n'est autre que l'arrière-arrière-arrière … p'tite-fillote du preux chevalier en question. Par quel lien ? Les Zouche de La Lande dont Anne-Alexandrine, arrière-arrière-grand-mère de Marie Aronio. Une lignée ininterrompue sur plus de trente générations : cités en Bretagne au XIe siècle, les Zouche émigrent en Angleterre au siècle suivant et deviennent Lords of Haringworth. En 1623, une branche revient en France où elle est titrée Seigneur de La Lande par Louis XIV.

La vie de Guillaume Marshal (1144-1219) est largement décrite dans plusieurs documents d'époqueh_knight_marshal_2.jpg comme L'historie de Guillaume le Maréchal, commanditée par son fils aîné peu après sa mort. Inutile de rappeler qu'il était courant de tirer son nom patronymique soit du lieu de naissance ou du fief et même de sa fonction : étant de père en fils Master Marshal in the King's Household [maître intendant de la Maison du Roi], ils prirent tout naturellement le nom de Maréchal ou de Marshal.

Guillaume Marshal servira fidèlement trois rois d'Angleterre, Henry II, Richard Cœur de Lion et John Lackland, étant par ailleurs nommé par ses pairs régent du futur Henry III, petit prince âgé de neuf ans en 1216. Grand ferrailleur devant l'Eternel, il est ce qu'on appellerait de nos jours instructeur au combat, menant ses princiers élèves et futurs rois à moult victoires lors des nombreux tournois organisés en Normandie et ailleurs, lui octroyant ainsi le statut inégalé de chevalier invaincu durant treize années consécutives ! Richard Cœur de Lion va même jusqu'à le considérer comme son frère et son égal en chevalerie, lui octroyant en récompense la jeune et (très) riche Isabelle de Clare comme épouse. Guillaume s'en ira également guerroyer en Terre Sainte pour le compte du roi de Jérusalem et des Chevaliers Templiers, ramenant dans ses bagages quelques techniques architecturales qu'il mettra à profit lors de la construction de son château de Pembroke.

magazine gala,guillaume-le-conquérant,william marshal,aronio de romblay,charles d'ydewalle,zouche,de clare,macmurrough,george bushGuillaume est tout à la fois chevalier, vassal, ambassadeur, justicier public, conseiller et ami des rois. Sa vie est entièrement gouvernée par son serment de fidélité à son suzerain ainsi que par son sens inné de l'honneur, faisant de lui un homme puissant, respecté, sage et loyal, doté également d'une santé de fer et d'une grande force physique. Fait chevalier en 1167 à l'âge de vingt et un ans, Guillaume s'était taillé une réputation de "winner" qui lui avait permis de devenir conseiller militaire des souverains britanniques Richard Ier, Jean et Henri III, raconte Gala. Trente générations plus tard [à vérifier !], son arrière-arrière … petit-fils, parti guerroyer contre l'Axe du Mal aux côtés de son allié d'outre-Manche, pense sûrement que son aïeul aurait été drôlement fier de lui. Mais ça, c'est pas dit ! Si mister Bush se retrouve maintenant les deux pieds dans le bocage [normand], c'est aussi en raison de l'union contractée par Guillaume le Maréchal en août 1189 avec une certaine Isabelle de Clare. La blondinette est la fille unique de feu Richard de Clare [illustration de gauche], issu de l'un des clans illustres partis de Normandie pour envahir l'Angleterre aux côtés de Guillaume-le-Conquérant. Le papounet - vingt-cinq générations le séparent de sa descendante Marie Aronio - est apparenté en ligne directe par sa mère, Isabelle de Beaumont, aux rois de France Henri Ier et Robert le Pieux. Ce qui fait donc l'hôte de la Maison Blanche un rejeton des premiers Capétiens !

Cerise sur le gâteau, la mère d'Isabelle affiche elle aussi un pedigree royal : Eve MacMurrough, fille duDermotMacMurrough2.jpg fougueux Dermot [illustration de droite], pour l'état civil Diarmat MacDonnchada MacMurchada, roi du territoire de Leinster en Irlande, belliqueux personnage soupçonné par les historiens d'avoir trahi ses compatriotes à des fins d'enrichissement personnel ...

La dot de la promise n'est pas négligeable : Guillaume Marshal devient par mariage l'un des plus gros propriétaires terriens au royaume des Plantagenets, avec droit de nommer ses propres fonctionnaires publics, cours de justice et sheriffs. Ses nombreux châteaux et fiefs, tant en Normandie qu'en Angleterre, permettraient à Georges Bush, précise Gala [tout en omettant l'existence de dizaines d'autres descendants actuels], de se trouver aujourd'hui dans la peau d'un grand propriétaire terrien, héritier du fief normand de Longueville. En cherchant bien, il pourrait aussi faire valoir ses droits sur une partie nord de la Grande-Bretagne. Et ça, c'est quand même autre chose qu'une collection de puits de pétrole au Texas …

Epilogue : On ignore toutefois quelle a été sa réaction lorsqu'il a découvert l'identité de ses glorieux ancêtres français, s'interroge Gala à propos de notre nouveau cousin des Amériques. A notre avis, il a dû tomber de l'armoire. Normande, of course !

Nicolas van Outryve d'Ydewalle