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02/02/2012

La Garde impériale russe

Unité d'élite alliant qualités guerrières et traditions séculaires, dévouée corps et âmes à la protection
de la monarchie, elle était considérée comme l'un des plus beaux fleurons militaires au monde.
Hussards, Lanciers, Cuirassiers, Dragons, Chasseurs, Tirailleurs, Cavaliers et Cosaques : si toute
la société russe ne servait pas dans la Garde Impériale, y servir signifiait appartenir à la haute société.

Sous le règne du tsar Nicolas II, la Garde Impériale russe vit l'ultime période de sa longue et glorieuse histoire : issue d'un groupe de camarades de jeux, elle naît en 1683 par la volonté du futur Pierre-le-Grand, pour qui tout homme de bonne famille devait obligatoirement servir sous les armes.

Installé au village de Preobrajenski, Pierre occupe ses loisirs à des jeux militaires en compagnie de ses camarades, fils de boyards et de courtisans, les faisant sans cesse manœuvrer comme de véritables soldats. Peu à peu, le groupe s'agrandit et Pierre en transfère une partie dans le village voisin de Semenovski, pour embrigader ensuite l'ensemble en deux régiments distincts, le Preobrajenski et le Semenovski, premiers embryons de la future Garde Impériale.

Nicolas II de Russie en uniforme du Régiment de la Garde Préobrajensky.jpg

Le tsar Nicolas II de Russie en uniforme du Régiment Preobrajenski

Les années passent : augmentée de nouvelles unités, bien entraînée, proche du souverain, la Garde participe à la vie politique et est mêlée (ou se mêle…) aux événements marquants de l'histoire du pays. Elle inscrira son nom dans la plupart des batailles russes et européennes. Ses officiers sortent invariablement de l'aristocratie, principe auquel aucune exception n'est tolérée, au point qu'un sous-officier promu au grade de sous-lieutenant est automatiquement muté ailleurs. Quant aux hommes, rigoureusement sélectionnés, ils manifestent par leur attitude et leur tenue leur fierté d'appartenir à ce corps d'élite.

Autour des années 1900, un officier de la Garde est un personnage envié : fortuné, portant avec Uniforme d'un chevalier-garde.jpgélégance un uniforme flatteur, partageant son existence entre la parade, le service de Cour et la vie mondaine, coqueluche des salons, des jeunes filles et des mères de famille, il est aussi un véritable soldat sortant des meilleures écoles militaires. Les conditions d'admission sont sévères. Le candidat passe soit par le Corps des Cadets, internat assurant une éducation répartie sur sept années, soit par le célèbre Corps des Pages, réservé à la fine fleur de l'aristocratie. Suivent deux années d'école militaire qui vont faire du junker un officier accompli. L'origine familiale peut aussi jouer un rôle déterminant : destiné à entrer dans le même régiment que ses ancêtres, le candidat y est habituellement inscrit dès sa naissance.    
    
Le postulant est ensuite soumis à une série d'épreuves. Convié dans le monde chez tel ou tel officier appartenant au régiment où il espère entrer, il sera jugé sur sa tenue et son éducation, le plus souvent par la maîtresse de maison elle-même. Puis, lors d'une réception entre hommes au Cercle des officiers, le candidat est invité à dîner par ses futurs camarades. L'alcool ne lui est pas ménagé. Quel est son comportement sous l'effet de la boisson, quelle est sa capacité d'absorption sans perdre de sa dignité ? Dans certains régiments de cavalerie, la tradition veut que le postulant soit en mesure d'absorber le contenu d'un casque régimentaire !

Vient ensuite la réunion des officiers du régiment : Messieurs, quelqu'un a-t-il quelque chose à dire sur l'admission de X dans notre régiment ? Les causes de rejet sont rarement d'ordre militaire : manque de tenue ou mauvaise éducation, particulièrement en présence des dames ; manque de respect envers les officiers supérieurs, tendance à faire du scandale après avoir bu, trop grande assiduité auprès des épouses d'officiers.

Imperial Corps of Pages Building, St. Petersburg, ca. 1858..jpg

Dans l'ancien palais des comtes Vorontsov à Saint Petersbourg,
le bâtiment du Corps des Pages, vers 1858

S'il n'est pas aisé d'entrer dans la Garde Impériale, il faut disposer d'une solide fortune personnelle pour pouvoir y rester et suivre le train de vie très onéreux de salons de Saint-Pétersbourg. La solde est modeste et le service coûte cher : les uniformes, variés et souvent somptueux, ainsi que les montures sont en partie à la charge personnelle des officiers. Dans certains régiments, le versement d'une garantie est exigée afin d'alimenter une caisse de caution mutuelle. En temps de paix comme en temps de guerre, les officiers d'une unité sont tous solidaires : tout manquement à l'honneur rejaillit sur l'ensemble du régiment.

Les parades de la Garde, à Saint-Pétersbourg comme au palais d'été de Tsarkoié-Sélo, sont fréquentes et le tsar participe régulièrement aux réunions de ses camarades de la Garde, comme il aime à le répéter. Toute la famille impériale d'ailleurs, grands-ducs et princes alliés, y sert ou est inscrite sur ses listes. L'empereur, l'impératrice, le tsarévitch sont chefs honoraires de plusieurs régiments.

Parades sur la place de l'Amirauté - Vassili S. Sadovnikof.jpg

La place de l'Amirauté est le cadre de nombreuses revues militaires où se déploient le faste et
la tenue qui caractérisent l'armée russe. Les membres de la famille impériale peuvent
y assister du haut de balcons aménagés.
Aquarelle de Vassili Semionovitch Sadovnikov

Chevaliers-Gardes, prenez garde, la Dame blanche vous regarde ! Chevaliers-Gardes, prenez garde, laRU058s.jpg Dame blanche vous attend ! La marche de ce prestigieux régiment sonne comme un air d'opéra ! Les noms résonnent comme des faits d'armes : Chevaliers-Gardes de Sa Majesté l’Impératrice, Cuirassiers, Lanciers et Hussards de Sa Majesté, Cosaques de Sa Majesté l'Empereur

De tous les régiments de la Garde impériale, le Pavlovski est l'un des plus connus en partie grâce au port de la fameuse mitre [illustration], typique des armées prussiennes que Paul Ier cherchait à imiter. Aux batailles d'Eylau et de Friedland, de nombreuses mitres sont endommagées par les balles. Afin de commémorer ce fait, il est décrété que les mitres ayant reçu entre une et quatre balles seront conservées telles quelles !

Souvenirs de la Garde Impériale au Musée de l’Armée à Bruxelles

Lors de la défaite des armées blanches durant la Révolution bolchevique, le régiment des Cosaques de Sa Majesté l'Empereur passe avec armes et bagages en Yougoslavie. Ses souvenirs les plus précieux sont ensuite transférés en France. Mais en 1936, à l'arrivée du Front Populaire et la crainte de nouveaux désordres, les précieuses reliques, drapeaux, trompettes, argenterie du mess officiers, sont mises en dépôt au Musée de l'Armée au Cinquantenaire où elles dormiront pendant plus de soixante ans.

Grande salle des Feld-maréchaux - Edouard Hau, 1866.jpg

Salle des Feld-maréchaux au Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg,
occupée par des militaires du Régiment des Cosaques, chargés de monter la garde.
Aquarelle d'Edouard Pétrovitch Hau, 1866

Constitués sous le règne de l'impératrice Catherine II à l’initiative du prince Potemkine, les Cosaques seront restés célèbres pour avoir mené la vie dure aux troupes françaises lors de l'invasion de la Russie par Napoléon. Braves parmi les braves, ne s'en allaient-ils pas guerroyer au son de la Marche nuptiale ? Selon la tradition, ils allaient à la mort comme on va à une noce …!
 
La Société Royale des Amis du Musée de l'Armée a ouvert une salle, baptisée avec pompe Trésors de la Russie impériale, où sont exposées de superbes pièces du glorieux passé militaire cosaque, auxquelles sont venus s’ajouter de nombreux souvenirs d’autres régiments de la Garde impériale russe.
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Fondé en 1790, le Peterbourgski aura maintes fois changé d'appellation en fonction de son chef honoraire du moment : général major prince Galitzine, S.M. le Roi de Prusse, etc. Le 1er août 1914, il perd le nom de son titulaire, Frédéric-Guillaume III de Prusse, devenu souverain ennemi, et russifie son appellation en Petrogradski. Stationné à Varsovie, il est commandé par le général baron de Bode, descendant d'une famille émigrée en Russie à la Révolution française, alliée à l’auteur de ces lignes ainsi qu’aux marquis de Trazegnies. Les archives de ce régiment ont également fait l’objet d’une mise en valeur au Cinquantenaire. [illustration : bol à punch]
    
Jetée dans la fournaise de 1914, la Garde Impériale va s’y couvrir de gloire mais aussi disparaître en grande partie, faisant l’admiration de ses ennemis prussiens : … contre nous, la Garde russe, adversaire héroïque ! En émigration, les descendants des vétérans se retrouvent au sein d'associations régimentaires, regroupées à Paris sous la bannière d'une Union de la Garde dont le but est de cultiver le souvenir, notamment à l'occasion de la fête de Saint-André, saint patron de la Garde.

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Qui ne souvient avec nostalgie de ces annonces nécrologiques d'il y a une trentaine d'années, annonçant le décès d'un aristocrate russe, invariablement ancien colonel de la Garde ?
    
Nicolas van Outryve d'Ydewalle

La descendance Hanquet et Lady Diana, un cousinage tout en images

La généalogie qu’affectionnait tant mon frère Pierre et qui est une recherche de l’histoire familiale,
permet des rencontres surprenantes, écrivait Albert Hanquet en juin 2000, en introduction à
son tableau de cousinage entre la descendance Hanquet et le prince William, fils de Diana.
Il donnera à chacun un petit frisson historique que je me fais un plaisir de provoquer.

Albert Hanquet ne croyait pas si bien dire ! Comme Internet permet des recherches généalogiques très00.geer.jpg fouillées, allons-y pour un nouveau petit frisson. Un premier Louis de Geer, époux d’une Margarete de Lierive, meurt à Chênée en 1435. Seigneur de Chênée et de Brialmont, leurs fils Lambert (1414-1484) épouse Agnès Lambot le Pesseur, à leur tour parents de Louis de Geer (1460-1528) qui épousera Catherine Hierloz, ancêtres communs de la descendance Hanquet-de Coune et de William d’Angleterre.

Issue d’une branche des Hamal-Brialmont dont il reste les actuels marquis de Trazegnies, la famille de Geer [armoiries ci-contre] est aujourd’hui représentée par les comtes et barons de Geer que l’on retrouve en Suède, aux Pays-Bas et en Finlande !

Au départ des frères Lambert et Jehan de Geer, fils de Louis et de Catherine Hierloz, dressons le tableau de cousinage. A gauche, l’ascendance de William d’Angleterre; à droite, les ancêtres de la descendance Hanquet.

ASCENDANCE de WILLIAM d’ANGLETERRE                                                ASCENDANCE HANQUET

Lambert de Geer                               < 1ère GÉNÉRATION >                                   Jehan de Geer
x Jeanne de Belleflamme                                                                                 x Agnès de Bolsée
00.belleflamme.jpg
Seigneur de Chênée, Lambert de Geer naît en 1492 et meurt le 12 octobre 1564, alors que son épouse Jeanne de Belleflamme avait déjà rendu son âme à Dieu le 20 novembre 1557 en rejoignant aux cieux ses parents Mathieu de Belleflamme et Catherine de Fexhe. Admirons au passage les armoiries Belleflamme indéniablement très parlantes, si pas explosives !


Louis de Geer                                      < 2ème GÉNÉRATION >                                Marie de Geer
x Jeanne de Neille                                                                                            x Johan Lambinon

Louis de Geer, seigneur de Gaillarmont, voit le jour en 1535 à Liège et décède à Dordrecht le 28 octobre Louis de G de Gaillarmont.jpg1602. Son épouse Jeanne de Neille naîtra en 1557 et mourra le 30Jeanne de Neille.jpg décembre 1641. Ils [illustrations] auront quitté Liège en 1596 pour s’installer à Dordrecht aux Pays-Bas, non pas pour leurs convictions religieuses comme on l’a cru d’abord mais en raison des opportunités économiques de l’époque.

Et c’est ici que commence une prodigieuse aventure dont l’acteur principal sera leur fils Louis, né en 1587 au château de Gaillarmont, qui deviendra par son travail et son habileté en affaires l’homme le plus riche que la Suède ait jamais connu !

 

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Château du XVIe siècle où naquit Louis de Geer ; il appartint ensuite à différentes familles dont
les Favereau qui le firent rebâtir en 1845. En 1922, il fut vendu aux religieuses des Filles de la Croix,
qui le transformèrent en sanatorium sous le nom de "Notre-Dame des Bruyères", nom qui lui est resté.

Après divers séjours dans des établissements commerciaux en France, Louis de Geer [illustration de gauche] exploite un comptoir au départ de Liège et Dordrecht. En 1615, il importe en Hollande des pièces d’artillerie suédoise, ce qui le met en contact avec une autre famille louis de geer.jpgliégeoise, les de Bèche, actifs en Suède depuis vingt ans. Quittant Dordrecht, il s’installe à Amsterdam, capitale des Provinces-Unies, lieu idéal pour le développement de ses affaires. En 1614, la Hollande s’allie à la Suède dans un conflit qui oppose les deux pays au Danemark à propos d’une voie maritime essentielle au commerce suédois et hollandais. Si le roi Gustave-Adolphe Suède [illustration de droite] trouve en Louis de Geer le financier providentiel qui lui permet de disposer des capitaux nécessaires à la conduite de la guerre, ce dernier réussit à obtenir, en gage de ses prêts, du cuivre des mines suédoises. C’est ainsi qu’il devient avec ses associés le munitionnaire attitré de l’armée, fournissant pièceshanquet,prince william,de coune,marquis de trazegnies,de belleflamme,louis de geer,finspang,jacob trip,cecilia godin,jan munter,william cadogan,charles lennox,sarah cadogan,fitzroy,setter gordon,paget,uxbridge,marquis d'anglesey,bingham,spencer,baring,diana,lady dy,guillaume le conquérant d’artillerie et boulets de fer, tout en obtenant de se faire livrer à un prix avantageux tout le cuivre expédié en Hollande ! Le déclenchement de la guerre de Trente ans entre la Ligue catholique et la Ligue protestante va donner un nouvel essor à ses affaires puisqu’il devient le fournisseur des armées de la Réforme. Ses livraisons lui procurent des gains énormes, sans parler des profits réalisés dans son commerce maritime entre les pays du Nord et du Sud de l’Europe.

En 1626, Louis de Geer quitte Amsterdam pour s’installer à Stockholm. Il va alors s’employer à l’industrialisation progressive du pays avec l’aide d’une main-d’œuvre wallonne hautement qualifiée. Quelque cinq mille Wallons vont introduire en Suède les perfectionnements techniques des bords de Meuse. D’abord associé à Guillaume de Bèche qui meurt en 1629, Louis de Geer crée à la demande du roi un vaste arsenal à Stockholm et obtient la direction de toutes les mines et fabriques d’armes suédoises. Naturalisé en 1627, commerçant, banquier, munitionnaire, industriel et seigneur de Finspång, du nom de son nouveau domaine [illustration ci-après], il est anobli en 1641 pour finalement recevoir des historiens scandinaves le titre de père de l’industrie suédoise ! Consécration posthume, Finspång sera jumelée avec Yvoir en Belgique. On sait également que Louis de Geer avait un cousin, Mathieu de Geer (ayant épousé deux sœurs, ils était aussi beaux-frères) qui fut en son temps le plus gros fondeur de Durbuy.

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Les de Geer ont désormais leurs racines principales en Suède où l’on dénombre un grand nombre de porteurs du nom, allant de l’industriel au financier, de l’artiste au savant, de l’homme d’affaires à l’homme d’Etat, sans oublier un premier ministre assez récent aux … Pays-Bas !

Marguerite de Geer                          < 3ème GÉNÉRATION >                                 Jean Lambinon
x Jacob Trip                                                                                           x Laurette de Neufcourt

Marguerite de Geer (1583-1673) et Jacob Trip (1575-1661) ou l’alliance du fer et des canons. Deuxarme trip.jpg familles qui s’allieront intimement par plusieurs mariages et de juteuses affaires, poussées sans aucun doute par un besoin de standing et d’ascension sociale. En hollandais, le nom trip signifie semelle de bois avec lanières, destinées à recouvrir et à protéger des chaussures d’intérieur. De là à dire que les Trip étaient à l’origine des fabricants de semelles de bois, pourquoi pas ? De toute manière, explique un généalogiste de la famille sur son site Internet, le blason actuel semble en tirer ses origines.

Après avoir fait ses débuts dans le commerce fluvial sur la Meuse, Jacob Trip s’établit à Dordrecht où lui et son frère Elias (époux de Marie de Geer, sa belle-sœur) font commerce dans les armes, l’acier, le sel et le cuivre. La famille Trip est devenue l’une des familles les plus en vue d’Amsterdam : propriétaire de mines de fer et d’usines d’armement, pratiquant le change d’argent, elle est riche, très riche ! Quoi de plus normal donc que de se faire portraiturer par les illustres peintres du moment ? 
 
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A gauche, Jacob Trip à l'âge de 86 ans, tableau peint par Rembrant et exposé
à la National Portrait Gallery de Londres. A droite, son épouse Marguerite de Geer,
tableau peint par Nicolas Maes et exposé aux Musée des Beaux-Arts de Budapest.

Hendrik Trip                                      < 4ème GENERATION >                                 Piron Lambinon
x Cecilia Godin                                                                                                        x Marie Gosuin

Cette génération de Trip marque l’apogée sociale et financière de la famille. On ne sait pas grand-chose sur la première épouse, Cecilia Godin [ci-dessous], si ce n’est qu’elle décéda à l’âge de 30 ans. Enterrée le 8 décembre 1637, Cecilia Godin repose en l’église de Westerkerk à Amsterdam.

trip gosuin.jpg

Hendrik Trip peint par Ferdinand Bol, élève de Rembrandt. Tableau exposé aux Musées des Beaux-Arts de Bruxelles. Egalement peint par Ferdinand Bol, le tableau de droite représenterait Cecilia Godin. Il aurait fait partie de la collection des ducs de Leuchtenberg pour passer ensuite chez des particuliers à Hollywood après avoir été exposé en différents endroits aux Etats-Unis.trippenhuis2.jpg

Hendrik Trip (1607-1666) se remarie en 1646 à Stockholm avec Johanna de Geer, nièce du célèbre Louis, ingénieuse alliance avec les intérêts de famille bien compris ! Lui et l’un de ses frères feront affaire avec Louis de Geer en Suède où ils séjourneront quelques années, l’un au service de son oncle, l’autre en tant que représentant de la famille. De retour au pays, trois des frères Trip fondent leur propre société : Jacob, Louys & Hendrik Trip, kooplieden in waepenen, geschut, cogels & amonitie van oorloge. Devenus concurrents de l’oncle Louis, ils font fortune en acquérant une importante fabrique de canons suédois. L’ambition politique pousse l’un d’eux à se faire élire bourgmestre d’Amsterdam. Et, standing oblige, on s’offre en 1660 une magnifique demeure, la Trippenhuis [ci-contre], qui aura durant une partie du XIXème siècle fait partie intégrante du célèbre Rijksmuseum.

Margareta Trip                                 < 5ème GÉNÉRATION >                                 Henri Lambinon
x Jan Munter                                                                                                     x Marie Baudouin

Peu de choses à dire à leur propos : Jan Munter, dit le Jeune, qualifié de Seigneur de Zanen et de Raaphorst, né le 23 août 1634 à Amsterdam, meurt le 26 avril 1713 à ‘s-Gravenhage, alors que son épouse Margareta Trip naît le 26 novembre 1637 et décède le 25 mai 1711.

Margareta Munter                          < 6ème GÉNÉRATION >                                   Jean Lambinon
x William Cadogan                                                                                          x Marguerite Cajot

William_Cadogan,_1st_Earl_Cadogan_by_Louis_Laguerre.jpgGuillaume Cadogan (1672-1726), baron puis marquis de Cadogan, vicomte de Caversham, une carrière toute en puissance de ce fils d’avocat irlandais, devenu quartier-maître général de John Churchill, 1er duc de Malborough durant la guerre de succession d’Espagne. Il sera aux batailles de Blenheim, Ramillies, Oudenaerde et Malplaquet ainsi qu’au siège de Douai et Bouchain. Ses capacités à exécuter les ordres du commandement supérieur lui vaudront tous les éloges.
    
Son poste d’ambassadeur de Grande-Bretagne aux Pays-Bas dès 1707 est à l’origine du cousinage entre la descendance de Louis de Geer et Catherine Hierloz avec William d’Angleterre. En effet, après avoir épousé Margareta Cecilia Munter (1675-1749), fille de Jan Munter, sa fille Sarah s’alliera avec Charles Lennox, 2ème duc de Richmond.

Signalons par ailleurs à l’attention des amateurs de généalogie que la lignée Cadogan prend sa source dans les brumes galloises du Xème siècle, où Cadogan semble dériver de Cadwgan, Cadfarch et autre lieux aux noms presque imprononçables.   

Sarah Cadogan                                < 7ème GÉNÉRATION >                             Bernard Lambinon
x Charles Lennox                                                                                        x Marie-Agnès Bastin

C’est en Hollande, le 3  décembre 1719 à ‘s-Gravenhage qu’a lieu le mariage de Sarah Cadogan [à gauche], âgée Sarah Cadogan.jpgde 13 ans à peine. Elle épouse Charles Lennox Charles Lennox3.jpg(1701-1750) [à droite] qui deviendra 2ème duc de Richmond et pair d'Angleterre, baron de Settingdon et comte de March, 2ème duc de Lennox et pair d'Ecosse, baron de Torbolton et comte de Darnley, duc d'Aubigny et pair de France, ainsi que chevalier de l’Ordre de la Jarretière. Il n’est autre que le petit-fils de Charles II Stuart, roi d’Angleterre, du temps où les écarts de jambes royales faisaient partie de l’Histoire avec un grand H alors qu’à notre époque, les aventures royales couchées sur papier glacé n’intéressent plus que la petite histoire.

S’il n’eut pas de postérité officielle par son épouse Catherine, infante du lointain Portugal, le roi Charles II procréa tous azimuts à l’aide de trois autres dames de bonne naissance. Alors que la première assura la descendance de Sarah Ferguson et d’Anthony Eden (ancien premier ministre de Sa Majesté britannique) via des rejetons que l’on nomma FitzRoy (fils de Roi), notre Charles Lennox n’aura pas à rougir de sa grand-mère naturelle, 3ème maîtresse du roi, la très bretonne Louise Renée de Penancoët de Keroualle (1649-1734), 1ère duchesse de Portsmouth, comtesse de Fareham et duchesse d'Aubigny. Cette parenthèse de la main gauche mise à part, la main droite fit montre d’un pedigree aux quartiers royaux pur jus pur sucre : rois de France par Henri IV, rois d’Ecosse via les Stuarts, rois du Danemark par Frédéric II (en passant par l’ascendance de Werner von Braun, le spécialiste des fusées allemandes durant la dernière guerre) pour terminer par un certain Ragnar Sigurdsson dans la seconde moitié du VIIIème siècle.  

Charles Lennox sera Lord of the Bedchamber et Master of the Horse du roi George II d’Angleterre, grand-maître en 1724 de la première Grande Loge maçonnique ainsi que co-fondateur d’un hôpital à Londres, destiné à recueillir les enfants abandonnés. L’histoire retiendra surtout qu’il fut le premier à se lancer dans le cricket, devenu sport national par excellence en Angleterre. Capitaine de la première équipe de professionnels, il n’avait pas hésité à y enrôler son propre groom !     

George Lennox                                 < 8ème GÉNÉRATION >                                Martin Hanquet
x Louise Kerr                                                                                                     x Anne Lambinon

Né en 1737, George Lennox, fils du 2ème duc, est jusqu’à son décès en 1805 colonel en chef du King’s chateau.jpgOwn Scottish Borderers, tout en ayant été Constable de la Tour de Londres. Son épouse Louisa Kerr descend d’une vieille famille écossaise aux origines Robert Kerr 1st marquis lothian.jpgscandinaves remontant au XIIème siècle (leur château de Ferniehirst est illustré ci-contre). Et si son père, 4ème marquis de Lothian, connut son heure de gloire en écopant d’une blessure à la bataille de Fontenoy, on ne résiste pas à la beauté toute sensuelle du portrait de l’arrière-grand-père de ce dernier, Robert Kerr [ci-contre], 1er marquis du nom !

Non, les Hanquet n’auront pas été que fabricants d’armes à feu ! Un forum sur Internet, spécialisé dans l’étude du sabre, bouscule cette sacro-sainte conviction. Sait-on tout d’abord qu’au XIXème siècle, les fabriques d’armes liégeoises s’approvisionnaient en baïonnettes auprès des usines allemandes de Solingen et que les sabres montés en Belgique l’étaient au départ de lames fabriquées par Solingen ?

En 1821, le régime hollandais lance un appel d’offres dans lequel il est précisé que tout doit obligatoirement être fabriqué et monté en Belgique. Un seul fabricant est en mesure d’y répondre : Martin Hanquet à Liège ! Malgré la difficulté à convaincre certains artisans de délaisser la fabrication d’armes à feu au profit de lames, travail financièrement moins intéressant, il réussit néanmoins à produire plusieurs centaines de sabres. Mais comme la production restera faible, cela obligera le nouveau gouvernement de 1831 à passer d’importantes commandes tant en Grande-Bretagne qu’en Allemagne afin d’assurer les besoins de l’armée belge naissante.

Charles Lennox                                < 9ème GÉNÉRATION >                     Jean-Baptiste Hanquet
x Charlotte Gordon                                                                                               x Jeanne Gossi

Charles Lennox (1764-1819) [ci-contre] est le 4ème duc de Richmond et de Lennox, duc d'Aubigny et pair deCharles Lennox 1764-1819.jpg France, comte de Darnley, comte de March, baron de Settrington et de Torbolton ainsi que chevalier de l’Ordre de la Jarretière. Il meurt au Canada après avoir été gouverneur général des possessions britanniques d’Amérique du Nord. Brillant joueur de cricket comme son grand-père, il connaît une carrière militaire à rebondissements : capitaine à 23 ans, il se bat en duel contre le duc d’York qui l’accuse d’un comportement indigne d’un gentleman, récidive une nouvelle fois, pour se retrouver ensuite engagé à Gibraltar dans un conflit naval contre la France et finalement se faire renvoyer de l’armée pour cause de conflit avec sa hiérarchie !

Son épouse Charlotte ? Issue du tout puissant Clan Gordon, elle Setter.jpgaurait sans doute été intarissable sur l’élevage du Setter Gordon dont son père Alexander, 4ème duc de Gordon, fut le premier à améliorer la race, issue d’un croisement des setters irlandais et anglais et du colley. A la mort du duc, l’élevage continua à s’épanouir grâce à Georges Gordon, frère de Charlotte, et les Setters du château de Gordon devinrent célèbres pour leur aptitude au travail comme l’attrait de leur beauté. Ce n’est qu’en 1924 que cette variété sera officiellement dénommée Setter Gordon en mémoire de son novateur Alexander Gordon et de ses descendants qui auront marqué à jamais cette splendide race.    

Charles Lennox                                < 10ème GÉNÉRATION >                          Ferdinand Hanquet
x Caroline  Paget                                                                                             x Adèle de Coune  

Charles Lennox (1791-1860), 5ème duc de Richmond et de Lennox, baron de Settingdon et comte de March, baron de Torbolton et comte de Darnley, duc d'Aubigny, chevalier de l’Ordre de la Jarretière, épouse à Londres le 10 avril 1817 la jeune Caroline Paget, de 5 ans sa cadette.

ferd adèle.jpg

Ferdinand Hanquet (1842-1909) et Adèle de Coune (1841-1906)
à l'époque de leur mariage.

Homme politique conservateur très en vue, Charles Lennox [à droite] se fit remarquer à la House of Lords par sa forte opposition à ce que l’on aura appelé l’émancipation de l’Eglise catholique romaine en Grande-Charles Lennox 1791.jpgBretagne, tout en remplissant une carrière militaire sous les ordres du duc de Wellington. Héritant des propriétés de son oncle maternel, le 5ème et dernier duc de Gordon, il en reprit le nom et devint Gordon-Lennox.

Quant à son épouse Caroline Paget, on se souviendra que son patronyme illustre un célèbre fait d’armes de la bataille de Waterloo où son oncle Henry William Paget, le fameux lord Lord Uxbridge.jpgUxbridge [à gauche], commandant la cavalerie des troupes alliées, se fait fracturer la cuisse par un boulet de canon adverse. Tombant de cheval, celui-ci s’écrie à l’adresse du duc de Wellington dont il est l’adjoint : My God, Sir, I’ve lost my leg ! - By God, Sir, so you have ! lui répond le duc avec un flegme très britannique.

Tout ensanglanté, Uxbridge est transporté dans une maison de Waterloo où il est amputé. L’histoire de sa jambe (qui lui vaudra le titre de marquis d’Anglesey) fera couler, sinon du sang, aussi beaucoup d’encre. Enfouillie dans un jardin de Waterloo, elle sera rapatriée des années plus tard après moult tergiversations diplomatiques et enterrée aux côtés du corps de son propriétaire légitime. Reste au musée Wellington à Waterloo la prothèse qui remplaça la jambe amputée.

Catherine Lennox                             < 11ème GÉNÉRATION >                                 les 10 enfants
x George  Bingham                                                     de Ferdinand Hanquet et Adèle de Coune

Catherine Gordon-Lennox épouse George Bingham [illustration], 4ème comte de Lucan, le 17 novembre 1859 à Londres. Né le 8 mai 1830 en Irlande et décédé en 1914, on retiendra principalement du comte delucan.jpg Lucan le souvenir de son père qui aura été mêlé de très près à la fameuse charge de la Brigade Légère qui se solda par une glorieuse déconfiture britannique.  

Au moment de la guerre de Crimée, nous sommes en 1854, Bingham commande la division de cavalerie. Lord Cardigan, son subordonné et de surcroît son beau-frère, est le chef de la brigade de cavalerie légère. Les deux hommes se détestent cordialement. Ordre est donné par le commandement général de faire attaquer la cavalerie légère. Positionnant sa cavalerie lourde en appui, Bingham transmet l’ordre à son beau-frère de lancer ses chevaux avec la suite que l’on connaît, maintes fois illustrée au cinéma. Vous avez perdu la cavalerie légère, lui reprochera-t-on en haut lieu ! Exclu des ordres du jour, Bingham rentre en Angleterre. Il tente défendre son honneur en exigeant un procès en cour martiale, ce qui lui est refusé. Changeant de tactique, il assure sa propre défense au sein de la House of Lords et y réussit. Bien qu’il ne reprit plus de service actif, il sera promu général puis field marshal.

Mais les déboires des Bingham ne s’arrêtent pas là !

Né en 1967, l’actuel lord Bingham est le fils unique du 7ème comte. En 1998, il introduit une requête à la House of Lords dans le but d’occuper le siège de feu son père. Feu ? Que nenni ! Il n’existe aucune preuve que son père soit réellement décédé ; il aurait tout simplement disparu, sans doute mêlé à une sombre affaire d’assassinat d’une nanny familiale. Bien que la Haute Cour ait finalement jugé que le père n’était plus de ce monde, aucun certificat de décès n’a été dressé jusqu’à présent. D’où une situation inextricable : lord Bingham, présumé 8ème comte sans être reconnu officiellement comme tel, se voit refuser par ses locataires le versement de leurs loyers, faute de reconnaissance officielle du décès du 7ème comte. Comble de malchance … les revenus des terres sont estimés à 30.000 £ par an !

Rosaline Bingham                            < 12ème GÉNÉRATION >                       les 41 petits-enfants
x James  Hamilton                                                      de Ferdinand Hanquet et Adèle de Coune

C’est en 1894 qu’à lieu le mariage entre lady Rosalinda Cecilia Caroli
hamilton.jpgneJames_Hamilton_3rd_Duke_of_Abercorn.png Bingham (1869-1958), avec James Hamilton, 3ème duc d’Abercorn (1869-1953) [ci-contre]. Notre duc n’échappe pas à un destin tracé d’avance au sein de high society de l’Empire britannique de l’époque : filleul du prince de Galles, éduqué au collège d’Eton, officier aux 1st Life Guards, membre du Parlement, gouverneur de l’Irlande du Nord, chevalier de l’Ordre de la Jarretière, conseiller privé de la Reine. Succédant en 1913 au 2ème duc d’Abercorn, son père [à droite], éduqué à Harrow, membre du Parlement, compagnon de l’Ordre du Bain, Lord of the Bedchamber du prince de Galles, grand-maître de la Loge d’Irlande, chevalier de l’Ordre de la Jarretière … lui-même fils du 1er duc son père, déjà chevalier de l’Ordre de la Jarretière à 33 ans, conseiller privé auprès du prince Albert d’Angleterre, vice-roi d’Irlande, grand-maître de la Loge d’Irlande, envoyé extraordinaire pour l’investiture du roi Umberto d’Italie dans l’Ordre de la Jarretière, etc., etc. !

Cynthia Hamilton                             < 13ème GÉNÉRATION >        les 141 arrière-petits-enfants
x Albert Spencer                                                       de Ferdinand Hanquet et Adèle de Coune

Issue d’une ancienne famille cousinant depuis des lustres avec l’ascendance de Winston Churchill ainsi cynthiaspencer1892.jpgque celle de la reine Elizabeth II d’Angleterre, Albert Edward Spencer [à droite]albertspencer1892-2.jpg (1892-1975), 7ème comte du nom, épouse Cynthia Elinor Hamilton [à gauche] en 1919. Les généalogistes se disputent encore sur la question de savoir si les Spencer descendent des fameux Despencer aux XIIIème siècle, du nom d’un certain Elyas Dispensator, au temps où les patronymes de famille dérivaient soit d’un lieu soit d’une fonction. Dispensator signifiaient officier de justice, charge détenue pour le compte de certaines grandes familles issues de la mouvance des compagnons de Guillaume-le-Conquérant à la bataille de Hastings de 1066.

Et laissons la petite histoire reprendre ses droits : la mère d’Albert Spencer était une Margaret Baring. Baring ? Nick Leeson ? Cela ne nous rappelle-t-il pas une ancienne actualité ? Fondée en 1762, la Baring Bank aura été l’une des plus anciennes banques d’affaires britanniques qui s’enrichira notamment en finançant les énormes dommages et intérêts que la France, pays vaincu, avait été condamnée à payer au gouvernement britannique après la défaite de Napoléon à Waterloo ! Bien en Cour, le famille Baring, propriétaire de la banque du même nom, fut anoblie pour tant de services si éminemment rendus. Mais 1995 sera l’année de sa chute, suite aux spéculations hasardeuses de son trader Nick Leeson à Singapour.

Edward Spencer                              < 14ème GÉNÉRATION >             les nombreux descendants
x Frances Burke-Roche                                              de Ferdinand Hanquet et Adèle de Coune

francesroche1936-05.jpgEdward John Spencer [à droite], 8ème comte Spencer (1924-1992), et Frances Ruth Burke-Roche [à gauche] (1936-2004), épousée à l’abbaye de WestminsterEdward Spencer.jpg en 1954, seront les parents de trois filles - dont Diana née en 1961 - et de deux garçons qui tous auraient pu rester d’aimables inconnus.

Frances Burke-Roche connaîtra deux mariages ratés. En 1969, Edward et Frances Spencer divorcent à cause de la relation adultère qu'entretient Frances avec Peter Shand-Kydd qu'elle épousera par la suite. En 1976, Edward Spencer épouse en seconde noces Raine, comtesse de Dartmouth, fille de la romancière Barbara Cartland. En 1988, Peter Shand-Kydd se sépare de Frances au profit d’une femme plus jeune. En 1996, elle connaît de sérieux problèmes d’alcool et se voit supprimer son permis de conduire. Séparée du prince Charles, sa fille Diana fait la une des tabloïds à sensation par ses frasques amoureuses.

Lady Diana                                      < 15ème GÉNÉRATION >                  les descendants actuels
x Charles Prince de Galles                                          de Ferdinand Hanquet et Adèle de Coune

Prince William                                    < 16ème GÉNÉRATION >                     

prince-william-04-300.jpgEn matière de généalogie britannique, cousiner avec Lady Di est très521125370.jpg banal. Une très grande partie de la high society de Sa Gracieuse Majesté descendant des compagnons de Guillaume-le-Conquérant (Hastings 1066), si pas du Conquérant himself, les multiples alliances contractées au cours des siècles parmi les enfants de rois, comtes, barons et autres lords ont fait le reste. Par contre, avoir tissé le fil conducteur menant les Geer à Diana via Chênée, la Hollande, la Suède puis l’Angleterre semble très méritoire !

Longue vie donc à son fils William, futur (?) roi d’Angleterre, et sa charmante épouse, nos cousins au 32ème degré !
 
Nicolas van Outryve d’Ydewalle
cousin de Diana par d’autres sentiers généalogiques

26/01/2012

Du grand duc Wladimir de Russie à Sa Sainteté le patriarche Alexis II, dix siècles d'histoire de l'Eglise orthodoxe russe

"Si aujourd'hui la Russie a retrouvé ses milliers de coupoles dorées, c'est à Alexis II quelle le doit,"
tel est l'hommage unanime rendu au primat de l'Eglise orthodoxe russe, décédé le 5 décembre 2008.

L'Eglise orthodoxe russe ? En 988, le grand duc Wladimir, arrière petit fils de Rurik, fondateur de la Russie, décide dans sa grande sagesse de christianiser la Russie. Mais quelle religion choisir ? Desgrand-duc Wladimir, Rurik, patriarche Alexis II, von Ridiger, Peredelkino, Tallin, marquis de Trazegnies observateurs sont envoyés au delà des frontières. A leur retour, ils rendent compte de leurs pérégrinations : l'Islam ne peut convenir car le porc et l'alcool sont défendus ; le catholicisme romain est jugé trop austère à cause du jeûne ; les Juifs ne trouvent pas grâce à leurs yeux en raison de la diaspora, preuve que Dieu les a condamnés.

En revanche, la magnificence des rites orthodoxes de Byzance séduit d'emblée leurs âme slave. "Nous ne savions plus si nous étions au ciel ou sur la terre. Il n'y a nulle part un spectacle d'une telle beauté. Nous sommes incapables de l'exprimer. Nous savons seulement que c'est là que Dieu demeure avec les hommes. Il nous sera désormais impossible de vivre en Russie d'une autre manière !"

De 988 à 2008, dix siècles vont s'écouler. De tout temps en Russie, église et autorité seront intimement liés. "Que chacun se soumette aux autorités en place, car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent sont constituées par Dieu", signifie Saint Paul dans l'une de ses épîtres. Un principe de grand-duc Wladimir, Rurik, patriarche Alexis II, von Ridiger, Peredelkino, Tallin, marquis de Trazegniesthéocratie appliqué dès le XIIIème siècle par un saint patriarche, justifiant ainsi l'impérieuse nécessité d'obéir au prince de Novgorod, au grand duc de Moscovie, plus tard au tsar de Russie ... "comme à Dieu lui même" !

Aujourd'hui, après le vide laissé par l'effondrement de l'idéologie soviétique, la religion est redevenue un ciment d'identité nationale. Sous Boris Eltsine et Vladimir Poutine, l'Eglise orthodoxe s'est fortement rapprochée du Kremlin. C'est d'ailleurs avec l'appui des autorités que le patriarche Alexis II aura véritablement restauré l'influence politique et morale de l'Eglise russe après septante ans d'athéisme. "Patriarche de Moscou et de toutes les Russies", le premier de l'ère post communiste, ainsi que "Primat de l'Eglise orthodoxe russe" depuis 1990, barbe blanche, voix profonde, Alexis II était un personnage respecté des Russes.

Né en 1929 à Tallin en Estonie, Alexis Mikhaïlovitch von Ridiger, le futur patriarche, est issu de la noblesse balte. Un de ses ancêtres est anobli en 1695 par le roi Charles XI de Suède un autre adopte la religion orthodoxe sous le règne de Catherine II de Russie. A la révolution de 1917, les grands parents d'Alexis s'exilent en Estonie. Son père devient diacre puis prêtre et ensuite recteur de l'église de la Nativité de la Mère de Dieu à Tallinn. Suivant les traces de son père, séminariste sous Staline, le jeune Alexis est ordonné prêtre à 21 ans. Il se fait moine et entame ensuite une carrière fulgurante dans l'Eglise orthodoxe, alors sous le contrôle du pouvoir communiste, ce qui fera dire plus tard qu'il aurait été informateur du KGB, la police secrète.

grand-duc Wladimir, Rurik, patriarche Alexis II, von Ridiger, Peredelkino, Tallin, marquis de Trazegnies

Le 5 décembre 2008 en fin d'après-midi, les cloches des six cents églises de Moscou sonnent le glas. Sa Sainteté Alexis II vient de décéder à l'âge de 79 ans d'un arrêt cardiaque en sa résidence de Peredelkino, non loin de Moscou. Résidence qui, par un insolite détour parmi les aléas de la révolution bolchevique, fut autrefois propriété d'un arrière-grand-père de l'auteur de ses lignes, descendant de grands-parents émigrés en Russie à la Révolution française et cousins proches des marquis de Trazegnies. Mais ceci est une autre histoire ...

Nicolas van Outryve d'Ydewalle