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26/01/2012

Du grand duc Wladimir de Russie à Sa Sainteté le patriarche Alexis II, dix siècles d'histoire de l'Eglise orthodoxe russe

"Si aujourd'hui la Russie a retrouvé ses milliers de coupoles dorées, c'est à Alexis II quelle le doit,"
tel est l'hommage unanime rendu au primat de l'Eglise orthodoxe russe, décédé le 5 décembre 2008.

L'Eglise orthodoxe russe ? En 988, le grand duc Wladimir, arrière petit fils de Rurik, fondateur de la Russie, décide dans sa grande sagesse de christianiser la Russie. Mais quelle religion choisir ? Desgrand-duc Wladimir, Rurik, patriarche Alexis II, von Ridiger, Peredelkino, Tallin, marquis de Trazegnies observateurs sont envoyés au delà des frontières. A leur retour, ils rendent compte de leurs pérégrinations : l'Islam ne peut convenir car le porc et l'alcool sont défendus ; le catholicisme romain est jugé trop austère à cause du jeûne ; les Juifs ne trouvent pas grâce à leurs yeux en raison de la diaspora, preuve que Dieu les a condamnés.

En revanche, la magnificence des rites orthodoxes de Byzance séduit d'emblée leurs âme slave. "Nous ne savions plus si nous étions au ciel ou sur la terre. Il n'y a nulle part un spectacle d'une telle beauté. Nous sommes incapables de l'exprimer. Nous savons seulement que c'est là que Dieu demeure avec les hommes. Il nous sera désormais impossible de vivre en Russie d'une autre manière !"

De 988 à 2008, dix siècles vont s'écouler. De tout temps en Russie, église et autorité seront intimement liés. "Que chacun se soumette aux autorités en place, car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent sont constituées par Dieu", signifie Saint Paul dans l'une de ses épîtres. Un principe de grand-duc Wladimir, Rurik, patriarche Alexis II, von Ridiger, Peredelkino, Tallin, marquis de Trazegniesthéocratie appliqué dès le XIIIème siècle par un saint patriarche, justifiant ainsi l'impérieuse nécessité d'obéir au prince de Novgorod, au grand duc de Moscovie, plus tard au tsar de Russie ... "comme à Dieu lui même" !

Aujourd'hui, après le vide laissé par l'effondrement de l'idéologie soviétique, la religion est redevenue un ciment d'identité nationale. Sous Boris Eltsine et Vladimir Poutine, l'Eglise orthodoxe s'est fortement rapprochée du Kremlin. C'est d'ailleurs avec l'appui des autorités que le patriarche Alexis II aura véritablement restauré l'influence politique et morale de l'Eglise russe après septante ans d'athéisme. "Patriarche de Moscou et de toutes les Russies", le premier de l'ère post communiste, ainsi que "Primat de l'Eglise orthodoxe russe" depuis 1990, barbe blanche, voix profonde, Alexis II était un personnage respecté des Russes.

Né en 1929 à Tallin en Estonie, Alexis Mikhaïlovitch von Ridiger, le futur patriarche, est issu de la noblesse balte. Un de ses ancêtres est anobli en 1695 par le roi Charles XI de Suède un autre adopte la religion orthodoxe sous le règne de Catherine II de Russie. A la révolution de 1917, les grands parents d'Alexis s'exilent en Estonie. Son père devient diacre puis prêtre et ensuite recteur de l'église de la Nativité de la Mère de Dieu à Tallinn. Suivant les traces de son père, séminariste sous Staline, le jeune Alexis est ordonné prêtre à 21 ans. Il se fait moine et entame ensuite une carrière fulgurante dans l'Eglise orthodoxe, alors sous le contrôle du pouvoir communiste, ce qui fera dire plus tard qu'il aurait été informateur du KGB, la police secrète.

grand-duc Wladimir, Rurik, patriarche Alexis II, von Ridiger, Peredelkino, Tallin, marquis de Trazegnies

Le 5 décembre 2008 en fin d'après-midi, les cloches des six cents églises de Moscou sonnent le glas. Sa Sainteté Alexis II vient de décéder à l'âge de 79 ans d'un arrêt cardiaque en sa résidence de Peredelkino, non loin de Moscou. Résidence qui, par un insolite détour parmi les aléas de la révolution bolchevique, fut autrefois propriété d'un arrière-grand-père de l'auteur de ses lignes, descendant de grands-parents émigrés en Russie à la Révolution française et cousins proches des marquis de Trazegnies. Mais ceci est une autre histoire ...

Nicolas van Outryve d'Ydewalle