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03/02/2012

Pieter Pourbus, un peintre de famille ?

Pieter Pourbus (1523-1584) est connu pour ses nombreux portraits tout en finesse.
Découvrons ceux d'Arnould Bogaert et de François Rapaert, deux contemporains
qui ont en commun d'être les ancêtres du couple Eugène d'Ydewalle-Laurence de Serret,
ancêtres de feu Patrick d'Udekem d'Acoz et de ses frères.

Février 2007, gros émoi à Leffinge dans la banlieue de Middelkerke. La population apprend par le Nieuwsblad qu'un historien local a découvert une parenté directe entre feu l'un de ses habitants,mathilde.jpg Arnould Bogaert (1510-1584), et une certaine Mathilde d'Udekem d'Acoz ! Et les titulaires de ce nom et autres descendants potentiels de rêver que dans leurs veines coulent un sang royal les menant tout droit au Palais ...

Gros propriétaire terrien, membre de la Camerlinckx Ambacht, Arnould Bogaert habitait une ferme entourée d'un mur d'enceinte, longeant le canal Plassendale-Nieuport. Roi de la Rederijkerskamer (Chambre de Rhétorique), lieu où se retrouvait l'élite intellectuelle de Leffinge, c'est en tant que tel que notre homme se fait portraiturer vers 1559 par son ami le peintre Pieter Pourbus.

Librement inspiré d'une composition de Dürer, le thème représente la Circoncision de l'Enfant Jésus et se veut une invocation au Ciel en faveur des enfants du donateur représenté à gauche, tenant une bannière flottante : 0 Jesu duer tbloet ghesturt in hu besnidinghe Gheft bogharts vruchten eewichghe v(er)blidinghe - 0 Jésus, par le sang que tu as perdu lors de la circoncision, donne la joie éternelle aux fruits (enfants) de Boghart.

Placé dans un cadre de panneaux de bois peint, le tableau a la forme inusitée d'un losange de 52,5 cm de côté. Un encadrement noir indique : Was aernoudt boghart te leffynghe cueninck van rethorike duen ph(i)l(ip)s cueninck in spaingien huwiede met de dochter van frankerieke - Aernoudt Boghart était roi de Pieter Pourbus VDB3.jpgla chambre de rhétorique à Leffinge lorsque Philippe, roi d'Espagne, épousait la fille (du roi) de France.

Les pérégrinations de ce tableau valent leur pesant d'anecdotes parmi les fameuses acquisitions de tableaux par les souverains et princes de l'époque, mécènes nantis et souvent éclairés, précurseurs de nos grands musées actuels. A tout seigneur, tout honneur : Sa Majesté la Reine Elisabeth II d'Angleterre, propriétaire de l'oeuvre de Pieter Pourbus, exposée sein de la Royal Collection à Londres !

Si l'on peut supposer que le tableau resta longtemps propriété de la Rederijkerskamer de Leffinge puis celle de Bruges, une première mention officielle le situe dans la collection du comte Joseph von Rechberg (1769-1833), general-major d'infanterie dans l'armée bavaroise et envoyé spécial de l'Ordre de Malte. En 1816, la Circoncision est acquise par le prince Ludwig Kraft Ernst von Oettingen-Wallerstein (1791-1870), grand collectionneur de peintures italiennes, allemandes et flamandes, pratiquant régulièrement de fructueux échanges de tableaux avec le roi Louis I de Bavière.

En 1847, financièrement mal dans ses papiers, le prince Oettingen met une partie de sa collection en gage à Londres auprès du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha qui lui assure en échange un prêt financier. Notre Circoncision en fait partie. L'année suivante, les tableaux sont proposés à la vente au palais de Kensington dans l'espoir de trouver un acquéreur. Faute d'amateurs, la vente ne se réalise pas. N'arrivant pas à faire face à ses obligations financières, le prince Oettingen perd la propriété de ses tableaux au profit du prince Albert, son créancier. Celui ci meurt en 1861. Désirant respecter les souhaits de feu son époux, la reine Victoria attribue alors vingt cinq tableaux à la National Gallery et garde les autres à Buckingham Palace dans ce qui deviendra la Royal Collection. Notre aïeul Arnould Bogaert s'y trouve toujours !

C'est en 1569, dix ans après son ami Bogaert, que Pieter Pourbus dresse le portrait [illustration] d'un autre Brugeois François Rapaert.jpgde renom, lui aussi ascendant des lignées d'Ydewalle et d'Udekem. Médecin pensionnaire du Franc de Bruges, François Rapaert (+ 1587), ancêtre des Rapaert de Grass [armoiries ci-contre],Rapaert.jpg médecin archiatre du prince de Chimay, à l'époque gouverneur des Pays Bas, est le premier d'une longue lignée de médecins. Après des humanités et une formation en philosophie dans son pays natal, il reçoit son éducation médicale à l'académie de Padoue. Le grand Vésale aurait été l'un de ses maîtres. C'est en 1550 à l'université de Pise qu'il est proclamé docteur en médecine.

Rentré au pays, il se fait rapidement remarquer par ses capacités et acquiert ainsi la réputation d'un patricien distingué. Il n'aura guère publié qu'un seul ouvrage, l'Almanach perpétuel, un titre fort peu modeste mais qui laisse à son auteur une place honorable dans l'histoire de la médecine belge. Si la localisation du tableau n'est pas connue avec précision, il est néanmoins cité dans la Collection du docteur van De Meyer qui publia en 1844 une notice biographique sur notre médecin. François Rapaert meurt à Bruges le 9 septembre 1587 et est enterré dans l'église de Sainte Walburge, aujourd'hui détruite.

Rapardus.jpg

Nicolas van Outryve d'Ydewalle